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Le 12 décembre 1901, le physicien italien Guglielmo Marconi sent qu’il est en mesure de réaliser la première transmission transatlantique. Avec son collaborateur John Ambrose Fleming, il construit à Poldhu une importante station de transmission. La puissance prévue est de 25 kilowatts. L’antenne est constituée d’une série de câbles attachés à 20 pylônes en bois, hauts de 60 mètres. Une installation identique est montée à Cape Cod aux Etats-Unis. Marconi arrive à Terre-Neuve le 6 décembre 1901. Vers 12h30, Marconi entend clairement les trois clics correspondant aux trois points du Morse. La distance était vaincue. Le 17 décembre 1901, le New York Times annonçait à juste titre « La plus merveilleuse conquête scientifique des temps modernes ». A partir de décembre 1901, la puissance de l’émetteur de Poldhu est portée à 50 kilowatts, permettant au système de Marconi d’établir des liaisons régulières entre les Etats-Unis et l’Angleterre.

1904
ferrie_121 janvier 1904 : Le Capitaine Gustave Ferrié obtient enfin l’autorisation officielle d’utiliser la Tour Eiffel pour installer son poste émetteur. Cette décision qui sera une bonne nouvelle pour Ferrié, sera aussi l’acte de survie de ce monument qui était condamné à la destruction et qui deviendra peu à peu un site stratégique pour la télégraphie militaire puis par la suite pour la radio. Aujourd’hui encore, radios et télévisions utilisent la tour pour la diffusion de leurs programmes. Il n’est pas faux de dire que la radio a sauvé la Tour Eiffel, le symbole de Paris.

1905

Des modifications sont apportées aux stations émettrices : leur puissance est augmentée et Marconi met au point un nouveau type d’antenne : l’antenne directive. Le premier véritable message radio, quant à lui, fut transmis par un professeur canadien du nom de Reginald Aubrey Fessenden. Il utilisa les idées de Marconi et les améliora. Plutôt que d’utiliser un code morse, il apprit comment transmettre les messages vocaux et musicaux.

1906

La veille de Noël 1906, Fessenden surprit bon nombre d’opérateurs de télégraphie sans fil à bord des navires de l’océan Atlantique. Au lieu de recevoir des points et traits, ils reçurent de la musique de Noël et des versets de la Bible. Le professeur mit fin au premier programme radio en souhaitant à tous un  » Joyeux Noël « . Il fallut cependant attendre 1907 pour que les communications soient suffisamment fiables et permettent que des télégrammes soient échangés 24 heures sur 24. La télécommunication commerciale venait de voir le jour.

1907

Novembre : le russe Boris Rosing dépose un brevet qui propose d’utiliser un tube cathodique perfectionné en 1898 par Ferdinand Braun, pour reproduire une image analysée par des moyens électromagnétiques. L’année suivante un Anglais, Campbell-Swinton, propose l’utilisation du tube cathodique à l’analyse et à la reproduction de l’image. Aucun de ces projets ne mentionne la reproduction du mouvement.
5 mars 1907 : Publication d’un décret qui réglemente la TSF en France. Les stations de TSF sont reliées à 4   ministères selon leurs spécificités :
– Le Ministère des PTT exploite les stations intérieures
– Le Ministère de la Marine exploite les stations côtières
– Le Ministère de la Guerre exploite les stations militaires et spéciales
– Le Ministère des travaux publics, les stations au service des balises et phares.
En cas de conflit, toutes les stations sont rattachées aux Ministères de la Marine et de la Guerre

1908
2 avril: Lee DE FOREST en collaboration avec Eugène DUCRETET et avec l’autorisation de Gustave FERRIE, en déplacement au Maroc, diffuse la voix et la musique d’un disque depuis la Tour Eiffel à Paris. L’émission sera audible à Villejuif et à Melun. Il s’agit donc de la première diffusion de voix et de musique en France par la voie des ondes. A partir de cet instant, les expériences se multiplient à travers le monde.TourE1

FERRIE installe en 1908 une antenne qui permet aux armées alliés de communiquer durant toute la Grande Guerre.

1909
6 mars 1909 : La station de la Tour Eiffel devient « Poste du réseau de commandement » de l’armée française. Ceux qui avaient voulu sa disparition devront se faire définitivement une raison.
La TSF est mise à l’honneur en cette année 1909, puisque le prix Nobel de Physique est attribué à Stockholm conjointement à Guglielmo MARCONI pour l’invention de la TSF par ondes hertziennes et à Ferdinand BRAUN pour l’invention du tube cathodique. Si Marconi est connu de tous, il n’en est pas de même pour Braun, cet Allemand établi à Strasbourg (la ville était alors allemande). Mis à part le tube cathodique, qui est une invention majeure pour la télévision, Braun contribua aussi au développement de la TSF par ses travaux sur les galènes de plomb. Il réalisa aussi des transmissions par TSF entre l’Institut de Physique de Strasbourg, où il enseignait, et le Kochersberg, puis entre Wolfisheim et Mutzig et en Mer du Nord, sur une distance de 70 km. Son nom est ignoré de beaucoup d’historiens français, car le patriotisme fut incompatible avec l’éloge d’un allemand habitant Strasbourg occupée.

1910
12 mars: L’ingénieur français Emile GIRARDOT crée la Société Française Radioélectrique (SFR), spécialisée dans la construction de matériel TSF. Elle se fixe comme objectif de concurrencer la société Marconi qui a ouvert des filiales dans le monde entier et en particulier en France. La SFR sera à l’origine du développement de l’industrie de la radio en France. Elle sera aussi quelques années plus tard à l’origine de la radiodiffusion privée.

TSFeiffel123 mai : Le premier service régulier de diffusion de signaux horaires est inauguré à la Tour Eiffel après près de 3 ans de mises au point. L’émission est diffusée sur la longueur d’Ondes de 2600 m avec une puissance 20 à 60 kW (soit 115 kHz) et peut-être entendue jusqu’à 4000 km.
Les paquebots sont obligés de s’équiper de TSF et la première émission air-terre est réalisée sur une distance de 400 m à partir d’un dirigeable.

1911
23 janvier: première expérience de TSF à bord d’un avion en Europe. L’expérience a lieu à Buc (près de Versailles). La réception est faite à la Tour Eiffel.TitanicSmithsonian34460_copy_crop

1912
14 avril: Le Titanic percute un iceberg au Sud de Terre-Neuve. La situation est désespérée pour les 2358 passagers qu’il transporte. Le paquebot envoie immédiatement des messages de détresse par TSF et notamment un S.O.S. en morse qui sera reçu depuis la terre et sur d’autres navires, malheureusement trop éloignés. Les secours arriveront trop tard, mais permettront néanmoins de sauver 711 vies humaines. Sans la TSF, il est probable qu’il n’y aurait eu aucun survivant et que personne n’aurait jamais su ce qu’il était advenu de ce paquebot de croisière.

1913

Les premières expériences de TSF furent menées par le Belge Robert GOLDSCHMIDT en 1907 depuis le Palais de justice de Bruxelles. Elles aboutirent à des essais de transmission radiophonique vers Tervueren, la citadelle de Namur et l’observatoire de Liège. Puis le Roi Albert 1er charge l’Italien MARZI de construire une station expérimentale radiophonique dans une annexe du Palais Royal de Laeken à Bruxelles : La Villa Lacoste. La station est inaugurée en mars 1913.

1914
28 mars: Premier concert retransmis en Belgique par TSF et dédié à la reine des Belges Elisabeth depuis le studio de Laeken, avec le concours d’artistes bénévoles et l’audition de rouleaux de phonographes. Raymond BRAILLARD et Robert GOLDSCHMIDT entament ainsi une série d’émissions régulières qui seront diffusées tous les samedis. Les installations seront dynamitées le 19 août 1914 avec l’invasion allemande. Il faudra attendre 1923 pour que la Belgique retrouve une station de radiodiffusion avec la naissance de Radio Belgique.

27 juillet 1914 : En prévision de l’entrée en guerre, tous les postes de TSF sont réquisitionnés, empêchant les émissions des radioamateurs qui se sont multipliés à travers le pays.

3 août 1914 : L’Allemagne déclare la guerre à la France. Le Lieutenant-Colonel FERRIE a les pleins pouvoirs pour diriger la radiotélégraphie française. Les anglais coupent les câbles sous-marins reliant l’Allemagne au reste du monde, mais la puissante société allemande, Telefunken, utilise déjà des émetteurs à très longue portée.LaDouaRecept

16 septembre 1914 : Un émetteur de longue portée est mis en service à Lyon La Doua pour éviter que la Tour Eiffel ne reste le seul émetteur sur le territoire français en liaison avec les colonies et les alliés, notamment la Russie. Le 16 septembre 1914, la liaison entre Lyon et la Russie est réussie.
A Paris, Gustave Ferrié sécurise les installations de la Tour Eiffel en installant un studio souterrain dans une station de métro en construction du Trocadéro.

1915
Tous les camions et avions de l’armée française sont équipés de TSF
23 août: Décès d’Eugène DUCRETET. Ses ateliers de fabrication de matériel TSF lui survivront jusqu’en 1921, lors de leur absorption par la société Thomson. Mais la marque Ducretet-Thomson continuera à être commercialisée.
25 octobre: Réception à la Tour Eiffel d’un message d’Arlington (Virginie – USA) : distance 6 800 km. C’est la voix de l’Américain Alexanderson qui traverse pour la première fois l’océan Atlantique au nom de la marine américaine. La réception sera néanmoins très médiocre. l’émetteur avait une puissance de 3 kW.
29 décembre: Première liaison radiotélégraphique entre la France et la station TSF de Mahina à Tahiti..

1916
La guerre mobilise tous les esprits. Gustave FERRIE a réussi à s’entourer des plus éminents spécialistes de la TSF en France qui ont tous été affectés à ses services plutôt que de servir leur patrie sur le front. Il ne se passe pas une semaine sans que des découvertes, des améliorations ou des adaptations ne soient apportées à la TSF. La lampe française à 3 électrodes dite Lampe TM (Télégraphie Militaire) a été mise au point dans les services de Ferrié à la Tour en 1915. En 1916, elle est produite à la fois à Paris (par la CGE) et à Lyon (Par Grammont) pour des raisons de sécurité. 100 000 exemplaires de cette lampe seront livrés en 1916.

1917
4 juillet: Le constructeur Lucien LEVY dépose son brevet sur le montage « super hétérodyne ». Un deuxième brevet sera déposé le 1er oct 1918. Derrière ce nom un peu énigmatique de « super hétérodyne » se cache une invention majeure pour le développement de la TSF. En résumé et sans entrer dans des considérations techniques il s’agit en quelque sorte du mécanisme qui permet le changement de fréquence, mais aussi une meilleure sélectivité des liaisons. Lucien LEVY apporta une contribution majeure à l’histoire de la radio en France. Il fut à l’origine de la construction du puissant poste de télégraphie sans fil installé à la Tour Eiffel en 1916. Plus tard il sera à l’origine du premier récepteur d’avions à tubes électroniques et du premier poste de TSF monté sur une automobile. Il fabriquera quantité de récepteurs sous la Marque « Radio L-L » et enfin il sera à l’origine d’une des premières radios privées de France qu’il lancera en mars 1926. Mais le « super hétérodyne » sera certainement sa contribution au progrès de la TSF au niveau mondial.radio_Comptoir_1
1918
16 janvier: Création de la CSF . La CUTT (Compagnie Universelle de Télégraphie et de Téléphonie Sans Fil) dont le capital est partagé entre des intérêts français, allemands et anglais (via Marconi) est en séquestre depuis 1914 en raison du conflit avec l’Allemagne. Elle servira de base à la création d’une nouvelle société qui écartera les actionnaires allemands et mettra en minorité la Marconi. C’est la naissance de la Compagnie Générale de TSF (C.S.F) qui s’allie avec la SFR pour former un groupe dirigé par Emile GIRARDOT.
22 septembre: Premier message radiotélégraphique entre Londres et l’Australie.
11 novembre: L’armistice est signée. La TSF a beaucoup évoluée durant les 4 années de conflit, en raison de ses applications militaires. En revanche, les applications civiles et notamment les expériences de diffusion de programmes à destination d’un public large ont été totalement interrompues durant quatre ans
24 décembre: FERRIE diffuse depuis l’émetteur de la Tour Eiffel un programme musical improvisé par un jeune sapeur et son violon. La Tour Eiffel n’avait pas diffusé de musique depuis l’expérience de Lee Forest en 1908.

1919
17 Octobre: Création de la RCA (Radio Corporation of America) aux Etats-Unis en réaction à l’hégémonie grandissante de la société anglaise Marconi aux Etats-Unis. Cette compagnie sera le plus important constructeur d’appareils de TSF aux Etats-Unis et une des premières mondiales. En 1926, La RCA créera la NBC, grand réseau de radios américain.Corporation-America-Radio

1920

23 février : La compagnie Marconi débute des émissions de radio depuis la station de Chelmsford près de Londres. Le programme est composé de deux sessions d’une demi-heure avec de la musique et des nouvelles. Les émissions seront poursuivies de manière régulière jusqu’au 6 mars 1920. Marconi n’obtiendra une licence officielle qu’en janvier 1923. L’ensemble des sociétés de fabrication de matériel de TSF (dont Marconi) et les stations privées existantes seront invitées par le gouvernement à constituer un consortium le 18 octobre 1922 : Ce consortium devient la BBC (d’abord British Broadcasting Company) le 14 novembre 1922 et les stations de Londres, Manchester et Birmingham commencent leurs émissions régulières. La BBC (devenue British Broadcasting Corporation) obtiendra le monopole de la radiodiffusion en Grande Bretagne à partir du 1er janvier 1927.

Octobre : l’état français ne peut éviter la concession au groupe CSF-SFR du droit de construire et d’exploiter un centre émetteur-récepteur puissant à Sainte Assise (Seine et Marne). La société exploitante prend le nom de Radio France.

1921
Début novembre : Le « Poste de la Tour Eiffel » commence discrètement à diffuser des émissions musicales de manière plus fréquente afin de perfectionner son matériel encore peu adapté à la diffusion de la voix et encore moins de la musique. Le programme consiste généralement, en début de soirée, à la lecture de la météo, suivie d’un petit concert et d’une revue de presse. La longueur d’ondes est 2 650 m et la puissance 900 watts.60989050toureiffelstation02-jpg

26 novembre 1921 : Après des essais dès février 1921 et un concert public retransmis depuis la Salle des Ingénieurs Civils en l’honneur de Branly le 26 juin 1921, la SFR a eu l’idée de réunir 250 personnalités du monde de la politique, de la presse ainsi que des ingénieurs à l’Hôtel Lutécia à Paris pour le lancement de son Poste de Sainte-Assise. Après les conférences, ils purent assister en direct à un concert retransmis en direct depuis le nouveau Poste de Radio France qui débuta par une majestueuse Marseillaise interprétée par Yvonne Brothier de l’Opéra Comique. Malgré les premiers essais de la SFR depuis ses ateliers de Levallois puis de Sainte Assise et les premières émissions de la Tour Eiffel diffusées discrètement depuis début novembre, ce concert, de par sa répercussion médiatique, sonnera en quelque sorte le top de départ de la radiodiffusion grand public en France. Il annoncera aussi à sa manière la future compétition entre l’industrie privée et l’Etat qui seront toujours deux secteurs en concurrence sur notre territoire.

1922
6 février: Inauguration officielle du Poste de la Tour Eiffel. en présence du ministre Paul Laffont, du Général Ferrié, des artistes Lucien et son fils Sacha Guitry, Yvonne Printemps et Noté. Lucien Guitry lit un poème de Victor Hugo « Ô Soldats de l’an II ». Si les émissions régulières ont commencé en décembre 1921, on peut considérer que le premier poste de radiodiffusion français est né en ce jour du 6 février 1922. Les émissions seront quotidiennes mais encore peu variées. elles consistent essentiellement en la lecture de bulletins météo par un sapeur du génie et parfois quelques concerts organisés en direct dans le studio situé sous le Champ de Mars.

Naissance de la radiodiffusion en France

La plupart des historiens s’accordent à penser que 1922 est l’année officielle de la naissance de la radiodiffusion en France. En effet, si diverses applications de la radio se sont développées durant le XXe siècle, c’est en 1922 que la radio en tant que média est née. Le Poste de la Tour Eiffel diffuse des émissions régulières depuis décembre 1921 mais à partir de janvier 1922 le programme s’étoffe régulièrement de musique et diffuse chaque jour la météo. Les émissions musicales proposent des diffusions en direct avec orchestre ou chanteur dans le studio et font appel au bénévolat des artistes. En novembre 1922, avec la naissance de la station Radiola, le paysage radiophonique français est ébauché pour longtemps : Un secteur public et un secteur privé. Dès le début Radiola offre des émissions un peu plus diversifiées que sa consoeur Radio Tour Eiffel. Alors que la principale émission de la Tour Eiffel reste la météo, Radiola dispose d’un speaker qui prend le pseudo de Radiolo et assure la transition entre les émissions musicales, les causeries et les premières émissions de fiction radiophonique. Si tout cela reste encore assez peu professionnel (et pour cause), peu distrayant et d’une médiocre qualité technique, les premiers auditeurs, qu’on nomme toujours les  » sans filistes « , sont enthousiasmés de pouvoir entendre un orchestre dans leur salon ou d’être informés des conditions météo en direct. D’autres expériences se multiplient à travers la France, dues très souvent à des radioamateurs ou à des constructeurs de récepteurs de TSF, mais sans autorisations légales, sans grands moyens et sans programmes réguliers. Au fur et à mesure que Radio Tour Eiffel et Radiola vont améliorer leurs programmes et leurs réceptions dans toute la France, ces expériences éphémères cesseront. Les PTT procèdent également à des essais de radiodiffusion à Bordeaux Lafayette et commencent dès mars des émissions régulières depuis l’ancien poste militaire de Lyon la Doua. Enfin, il est à noter aussi que le quotidien  » Le Petit Parisien  » fait officiellement une demande d’autorisation d’émettre en février 1922 mais patientera encore quelques années avant de lancer sa radio.Quoi qu’il en soit, désormais il y a des émissions et donc des premiers auditeurs, l’artisanat peut laisser la place à l’industrie et tous les fabricants de récepteurs peuvent mettre en avant la qualité des programmes entendus grâce à leurs postes de TSF.

8 novembre : Création de Radiola, station privée (deviendra Radio Paris puis le Poste Parisien)Radio-concerts_Radiola-1924

Début des émissions régulières de Radiola, la station privée de la SFR (groupe CSF). Elle prend le nom de Radiola, la marque des récepteurs fabriqués par la SFR et lancés eux aussi en cette année 1922. Ce n’est que plus tard que cette radio se transformera en Radio Paris. Dès le début, Radiola propose une puissance deux fois supérieure à celle de Radio Tour Eiffel et peut être captée dans de biens meilleures conditions. Son programme est également plus distrayant.La première émission de Radiola a fait l’objet d’un réenregistrement sur disque par Radiolo quelques années plus tard. Radiolo (Marcel Laporte) était le premier speaker de la station, et c’est à ce titre qu’il en avait présenté l’émission inaugurale. En 1922, si le disque était inventé, le magnétophone était encore loin de l’être. Aussi, les émissions étaient toutes diffusées en direct. Une direction de la Radiodiffusion nationale est créée aux PTT .

14 novembre : la BBC (British Broadcasting Company puis British Broadcasting Corporation) diffuse sa première émission. Fondée par plusieurs fabricants de radio qui perçoivent une redevance sur les postes, elle sera en situation de monopole jusqu’en 1955. Elle aura pendant la Seconde Guerre mondiale le statut de radio de la résistance en Europe et celui de soutien pour les troupes et la population du Royaume-Uni.

1923

1er système de TV de John Logie Baird (anglais) : « Télévisor » utilisant un disque de Nipkow à l’émission et un amplificateur à lampes à la réception et, pour moduler la lumière, un obturateur électromagnétique. Définition de la 1ere image transmise par 18 lignes.

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Téléviseur mécanique à disque de Nipkow, (système Baird 30 lignes)

7 juin : 3 stations émettrices : Radiola, la Tour Eiffel et l’Ecole Supérieur des PTT.
30 juin : loi des finances rectificative (art.85) étendant le monopole à l’émission et la réception des signaux radioélectriques de toute nature. Ce monopole était « justifié » par divers arguments : rareté des fréquences hertziennes, inaliénabilité du domaine public hertzien, respect des conventions internationales relatives à la répartition des fréquences, exercice de la souveraineté nationale, sécurité du pays. La loi laissait à l’Etat la faculté de délivrer des autorisations d’exploitation à des stations privées (accordées par le Ministre des PTT), précaires et révocables, l’administration se réservant le droit d’exercer un contrôle technique sur leurs détenteurs.
23 novembre : décret : les récepteurs doivent être déclarés (pour des motifs de Défense Nationale), les émetteurs doivent demander l’autorisation des PTT
29 décembre : brevet de l’iconoscope : 1er tube électronique analyseur d’images, de Wladimir Kosma Zworykin (russe) ; Permet les hautes définitions et constitue le vrai départ de la télévision

1923-Pub
                                           Lancement des ondes moyennes en France

L’année 1923 voit de nouvelles stations de radiodiffusion apparaître en France. La principale est due à l’initiative de l’Ecole Supérieure des Postes Télégraphes et Téléphones (ESPTT) qui lance le 19 janvier 1923 sa nouvelle station dont le nom officiel est « Poste de l’Ecole Supérieure des PTT ». A cette époque les services marketing chargés de trouver des marques facilement identifiables n’existaient pas encore. On lui attribuera diverses appellations, la presse parlera du « Poste de l’ESPTT », de « Radio PTT », de « Paris PTT » et le commun des mortels se contentera de l’appeler « les PTT ». Avec le développement d’autres stations des PTT en régions, on finira par l’appeler finalement « Paris PTT ». La création de cette station marque un pas important car Paris PTT est en quelque sorte l’ancêtre des radios du service public en France. Si la Station de la Tour Eiffel appartient également à l’Etat, elle est davantage préoccupée à rendre divers services (météo, bourse, informations agricoles…) que de concurrencer la radio privée Radiola dont le programme se développe et attire de plus en plus d’auditeurs. Paris PTT a choisi d’informer, de cultiver mais aussi de distraire.  Même si ces moyens sont encore faibles, l’Ecole Supérieure des PTT s’applique à développer un vrai journal parlé, à multiplier les conférences et les « causeries » mais aussi à retransmettre en direct de grandes salles de spectacles parisiennes des soirées musicales. La station émet en Ondes Moyennes. En fait, le choix des ondes moyennes n’est pas un choix mais il est constitutif au fait qu’un constructeur de récepteurs américain (LMT) a offert un émetteur OM à l’Ecole des PTT. Pour lui, il s’agit d’un investissement qui doit devenir productif car il permettra ainsi d’attaquer le marché français des récepteurs. L’industrie française réagit très vite en créant des récepteurs capables de capter les ondes moyennes et donc les nouveaux programmes des PTT. Très vite, d’autres stations comme Lyon la Doua, passent des ondes longues aux ondes moyennes et les nouvelles radios privées qui reçoivent des autorisations précaires d’émettre (Radio Riviera et Radio Normandie à Caen) choisissent aussi cette gamme d’ondes. L’avenir des 40 prochaines années sera aux ondes moyennes avant l’invention de la modulation de fréquence. Seules La Tour Eiffel et Radiola conservent pour le moment leurs ondes longues qui leur permettent d’être audibles sur presque tout le territoire, excepté les zones montagneuses et les extrémités Sud-Est et Sud-Ouest du pays.

1924
Charles Jenkins (américain) crée une lampe au néon à cathode plate qui permet de mieux suivre les variations du courant-lumière René Barthélemy (français) invente un disque à images.
23 avril : Radio Paris, émetteur de 20 kW (sur 1750m) à Clichy, remplace celui de Levallois Perret pour la radio publique . Radiola émet un journal régulier, de la Tour Eiffel.

Éclosion de nombreuses radios privées

1924 voit la technique s’améliorer et les programmes des stations existantes se consolider. Mais l’année 1924 voit aussi se développer des stations privées. Au cours du premier semestre 1924, profitant d’un sous-secrétaire d’Etat aux PTT, Paul Laffont, plutôt favorable aux radios privées, de nombreuses initiatives sont lancées : Le Journal « Le Petit Parisien » lance sa radio « Le Poste du Petit Parisien », un groupe privé crée Radio Lyon, un autre projette le lancement de Radio Sud-Ouest à Bordeaux. Le Conseil Général du Lot-et-Garonne s’active pour mettre rapidement sur pied sa station « Radio Agen ». D’autres projets apparaissent et quelques stations éphémères font leur passage dans l’éther. Autre nouvelle importante de l’année, c’est le changement de nom de Radiola qui devient officiellement « Radio Paris » en changeant de site d’émission et en augmentant sa puissance. A partir du deuxième semestre 1924, le « cartel des gauches », défavorable à la radio privée, prend le pouvoir. Radio Sud Ouest, Radio Lyon et Radio Agen qui n’ont toujours pas reçu leurs autorisations d’émettre s’empressent de diffuser leurs premiers programmes, selon la politique du fait accompli qui a déjà fait ses preuves. fondlafayetteLe nouveau Sous-Secrétaire d’Etat aux PTT, Pierre Robert, est hostile au développement de la radio privée et en particulier à celui du groupe CSF qui essaie d’en obtenir le monopole. Il crée aux PTT une section « radiophonie » qui doit mettre au point un plan de développement de la radio d’Etat sur le territoire. Mais pour le moment, les moyens manquent pour ce développement. Des associations de gestion des programmes des stations des PTT vont être créées comme pour Paris PTT, ce qui permettra de désengager les PTT de la partie « production » des programmes. Les installations et les émetteurs restent néanmoins la propriété des PTT. Quant au Poste de la Tour Eiffel dont l’antenne a été louée par un gouvernement précédent à Maurice Privat et à son association d’auditeurs « les Amis de la Tour », il fait l’objet de tracasseries du nouveau Secrétaire d’Etat aux PTT. On interdit à Maurice Privat, qui avait pris position contre le cartel des gauches, d’y diffuser son Journal Parlé. Si les politiques n’ont jamais été absents des choix en matière de radiophonie, on peut dire qu’en cette année 1924 ils ne se privent pas d’intervenir directement dans son développement et dans ses programmes. Mais il manque toujours un véritable statut de la radiodiffusion en France alors que les pays voisins commencent à s’organiser en choisissant clairement entre le monopole d’Etat ou le développement d’un secteur privé. 

C’était le 12 mars 1924, un émetteur américain de 500 watts était mis en route pour des essais rue d’Enghien à Paris dans l’immeuble du quotidien Le Petit Parisien, qui abrite aujourd’hui la société Paco Rabanne.Poste_Parisien
Cette radio qui s’appelle alors le poste radio-téléphonique du Petit Parisien, fait ses premiers pas sur les ondes, Devenue quelques années plus tard le Poste parisien, ce sera une des radios privées les plus écoutées d’avant-guerre avec parmi ses animateurs les plus célèbres, Mireille, Jean Nohain ou Pierre Dac. La radio cesse d’émettre en juin 1940 lors de l’invasion allemande et à la Libération, la mise en place du monopole l’empêche de retrouver sa  longueur d’ondes. Son propriétaire, le Parisien Libéré (groupe Amaury) relance cette radio historique en FM à la faveur de l’explosion des radios libres après le 10 mai 1981. La suite de l’histoire est résumée sur le site Radios81 par l’un des fondateurs de ce nouveau Poste parisien :
« Après avoir brièvement émis sur 101 MHz avec un émetteur Rohde & Schwarz de 50 W qui distinguait sa qualité sonore, elle se déplaça ensuite sur 102,6 MHz avec une puissance portée à 500 W (…) son absence de publicité lui évitera le brouillage. Quelques mois plus tard la radio devra se présenter en Fréquence Presse à la demande de la Commission des RLP . Elle conservera sa dénomination de Poste Parisien. Son émetteur sera déplacé à Romainville avec 40 kW PAR. La Fréquence Presse regroupait un attelage improbable comprenant Le Parisien, l’Equipe, Le Matin de Paris, l’Unité, La Croix et l’Humanité. Après un peu plus d’un an, le Poste Parisien continuera sous le seul financement du Groupe Amaury. Marie-Odile Amaury en prendra alors la direction. En 87, la radio sera autorisée comme franchisée Europe 2 et perdra après quelques temps sa dénomination Poste Parisien. »
1925
Baird intègre la lampe de Jenkins à son appareil et fait une première démonstration publique en avril dans le magasin Selfridge’s (Londres).
Apparition de l’enregistrement électrique avec microphone et amplificateur :

stokowskyL’idée est d’amplifier le signal avant de le graver, en utilisant les technologies mises au point pour la radio, afin d’éviter les distorsions des signaux les plus faibles. Le microphone existe depuis 1876 — les premiers essais d’enregistrement avec micro datant de 1896 — et la lampe triode, permettant d’amplifier les signaux électriques, depuis 1906. De premiers essais de gravure amplifiée sont tentés par des ingénieurs de HMV en 1920, mais il s’agit d’amplifier le son par un haut-parleur avant de le graver avec un graveur mécanique. Ce n’est qu’en 1925 qu’apparaissent les premiers véritables enregistrements électriques, aux USA puis en Europe, d’abord avec des micros au charbon, dérivés de ceux utilisés dans les téléphones, assez médiocres, puis avec des micros à condensateur, très proches de ceux toujours utilisés aujourd’hui, comme les fameux Neumann, qui servaient au départ pour sonoriser les discours de Hitler.
En 1925, des crédits permettent enfin de développer les radios d’Etat sur tout le territoire. Désormais le dynamisme des associations qui gèrent les stations des PTT permet d’offrir aux auditeurs des programmes plus élaborés. C’est le cas à « Bordeaux Lafayette » et à « Lyon la Doua » qui créent en 1925 leurs associations gérantes. L’information se développe, Maurice Privat est enfin autorisé à diffuser son Journal Parlé sur la Tour Eiffel. Les reportages radio se multiplient, la fiction radiophonique s’enrichit et ne se contente plus de la lecture de textes au micro, des équipes théâtrales sont affectées spécialement à la radio. La musique reste aussi omniprésente à l’antenne, mais pour l’instant le répertoire classique est encore privilégié : il il n’y a pas de place pour la musique dite « légère » le mot « variété » n’étant pas encore utilisé. Face aux radios privées qui bénéficient d’une bonne popularité, l’Etat oppose des stations régionales des PTT. C’est le cas à Toulouse où la nouvelle « Radio Toulouse » lancée par la Radiophonie du Midi est suivie quelques jours plus tard par l’inauguration de « Toulouse-Pyrénées » la nouvelle station des PTT. Lyon, Bordeaux et Toulouse bénéficient ainsi chacune d’une station d’Etat et d’une station privée. A Marseille où le privé n’a pas encore fait son apparition, l’Etat lance « Marseille PTT ». Sur le reste du territoire, le gouvernement ne peut pas empêcher la multiplication de nouvelles stations privées qui bénéficient d’autorisations précaires et révocables. Radio Montpellier, Radio Strasbourg, Radio Béziers, Radio Mont-de-Marsan et Radio Vitus à Paris font leur apparition. On recense ainsi, fin 1925, 16 stations de radio en France dont 6 d’Etat. La réglementation se fait encore attendre et il est difficile de refuser une autorisation d’émettre à une station tant que leur nombre n’est pas encore limité par les textes. Mais le gouvernement a au moins réussi à empêcher l’hégémonie de la CSF sur le secteur privé qui est extrêmement diversifié avec des stations issues de radio-clubs, d’industriels, de groupes de presse, de radioamateurs, de collectivités locales, d’associations et de commerçants.

1926
27 janvier : naissance officielle de la télévision. Baird, à la Royal Institution, transmet, d’une pièce à l’autre, l’image d’une figure humaine. Il fonde la 1ere société de télévision la « Baird Télévision Company ».
Août :

PLAN DE GENEVE :  Cette première conférence internationale a pour objectif d’harmoniser les longueurs d’ondes des pays européens afin d’éviter l’anarchie, sachant que les ondes ne s’arrêtent pas aux limites des frontières. Elle est organisée par l’UIR créée l’année précédente. Un principe est adopté : Il y aura deux catégories d’ondes :
– Les ondes exclusives, attribuées à un pays pour une seule statio- les ondes partagées ou communes, affectées à plusieurs stations européennes de faible puissance.
Le Plan de Genève sera ratifié par une vingtaine de pays, dont la France et concernera 116 stations, mais il sera très peu respecté. Les stations françaises, privées ou d’Etat, ne suivront pas ses directives.
28 décembre : décret-loi Bokanovski répartissant les « postes privés radioélectriques et les stations émettrices de radiodiffusion » sous l’autorité du ministre des PTT en 3 postes nationaux et 18 postes régionaux. L’Etat rachètera les postes privés à partir de 1933.

1927
La France dispose de plus d’une trentaine de stations en activité, 5 ans après le lancement de la première d’entre elles. La concurrence public-privé permet à chaque secteur de multiplier les initiatives originales en matière de programme, elle entraîne aussi la création d’associations d’auditeurs, de groupements corporatifs ce qui est un effet positif. Malheureusement elle suscite aussi les coups bas, les polémiques, les campagnes de presse virulentes. Si la radio privée a plutôt les faveurs du public, la radio d’Etat dispose des infrastructures techniques et on ne compte plus le nombre de liaisons PTT mystérieusement coupées lors de la retransmissions de concerts ou de reportages extérieurs effectués par les postes privés.
Naissance de « Radio-Journal de France », à Radio PTT.

1928
19 mars : Loi admettant 14 postes privés (stations confirmées) : Poste Parisien, Radio Agen, Radio Béziers, Radio Bordeaux Sud Ouest, Radio Juan les Pins, Radio LL, Radio Lyon, Radio Mont de Marsan, Radio Montpellier, Radio Nimes, Radio Toulouse, Radio Vitus, Radio Paris, Radio Normandie (légalisé en 1933).
Les premiers mois de l’année sont caractérisés par une prolifération de nouveaux émetteurs sur le territoire mais comme plus aucune autorisation n’est accordée, ils sont tous illégaux. Il est impossible de recenser de manière exhaustive le nombre de stations en service en 1928 mais elles sont probablement plus de cinquante. Certaines stations restent clandestines pour ne pas avoir d’ennuis et ne font donc aucune publicité ou information sur leurs programmes. D’autres, au contraire, pour avoir une antériorité et un historique, envoient leurs programmes à la presse, font parler d’elles et… n’émettent pas. Le moins que l’on puisse dire est que la radiodiffusion est devenue le sujet de toutes les conversations et que la presse ne manque pas d’aborder le sujet sous tous ses aspects, culturels, artistiques, techniques et politiques.3q7i1-johnlogiebaird

Juillet : John Logie Baird montra la première transmission en couleur, utilisant des scanneurs à disques tournant à filtres de couleur en émission et réception. Le système de Baird atteignit une résolution de 240 lignes en 1936 à la BBC, avant d’être définitivement supplanté par la télévision électronique à 405 lignes de EMI ( Marconi).

1929
Création de l’Office national de la radiodiffusion. Désormais la France compte 11 radios d’Etat dépendant des PTT et 14 radios privées, Radio Normandie ayant été rajoutée en 1929 après avoir été oubliée en 1928. Une quinzième station continue néanmoins à émettre sans autorisation, il s’agit de Radio Strasbourg, gérée par le Radio-Club du Bas-Rhin. L’Etat semble fermer les yeux sur cette radio car la station prévue par les PTT à Strasbourg est annoncée dès le 13 janvier mais encore loin d’être prête. Aucune autorisation nouvelle n’est accordée à une station privée.

Rappelons que ,en quelques années, les postes d’émissions se multiplient, soit d’initiative publique (PTT), soit d’initiative privée (généralement la SFR) : Radio Lyon (1924) et PTT Lyon-la-Doua (1925) à Lyon, PTT Marseille-Provence (1925) à Marseille, Radio Sud-Ouest (1924) et Radio Bordeaux-Lafayette (1926) à Bordeaux, Radio Toulouse (1925) et PTT Toulouse-Pyrénées (1925) à Toulouse, Rennes-Bretagne (1927) à Rennes, Radio Grenoble(1926) à Grenoble, Radio Alger (1926) à Alger, Lille PTT (1927) à Lille, Radio Juan-les-Pins (1927) à Cannes, Limoges PTT (1927) à Limoges, Radio Agen (1924) à Agen, Radio Montpellier (1925) et Montpellier-Languedoc (1929) à Montpellier, Radio Béziers (1926) à Béziers, Radio Strasbourg (1930) à Strasbourg, Radio Nîmes (1927) à Nîmes, Radio Normandie (1929) à Fécamp, Nice-Côte d’Azur (1931) à Nice, etc.
1ère publicité à la radio en France.

Premier tour de France diffusé à la radio  : Paris PTT met en place un matériel permettant de suivre les différentes étapes du Tour de France. Le journaliste Jean Antoine se charge de la transmission. Toutefois, la qualité de diffusion n’est pas idéale.
1930
Le Conseil des Ministres décide d’installer un émetteur d’ondes courtes au service d’une station d’Etat diffusant des programmes à l’intention des colonies.
Avec l’arrivée de la dernière née des stations d’Etat en novembre, Radio Strasbourg PTT, le paysage radiophonique français ne connaîtra plus de bouleversement majeur avant 1940. L’Etat donne enfin des moyens aux radios publiques qui peuvent ainsi améliorer et développer leurs programmes. Les radios privées, quant à elle, sont soumises à la loi du marché, ce qui signifie que certaines d’entre elles deviennent riches et puissantes et d’autres ont beaucoup de mal à survivre.

8 mars : 1eres émissions régulières de 30 lignes en Allemagne (par la Deutsche Reichpost).image020
                      Récepteur de télévision mécanique de 30 lignes fabriqué par René Barthélemy
30 septembre : définition de 30 lignes pour des émissions expérimentales de la BBC (émetteur de Daventry, puissance 1,5kW).1930s_02_446

                                 Début des émissions régulières de la BBC.

3 novembre : 1ere démonstration de télévision à l’intention de la presse, salle de l’Olympia à Paris (matériel Baird) .

1931
Henri de France fonde au Havre la Compagnie Générale de Télévision et met au point des appareils à 60 lignes.
Marc Chauvierre, chez Integra, réalise une caméra en flying spot utilisé plus tard par Radio-Lyon, et met sur le marché du matériel pour le grand public.
Emetteur de Radio Paris transféré à St Remy l’Honoré (Yvelines).

12 février : Début de Radio Vatican : créée le 12 février 1931 suivant le désir de Pie XI après l’instauration de l’État du Vatican, Radio Vatican se veut être la voix du Pape. Le siège de la radio se trouve aujourd’hui à Rome, son centre émetteur est à San Maria di Galeria. Sur les ondes de Radio Vatican, il est désormais possible d’écouter des émissions en quarante langues différentes. On peut observer l’ancien émetteur depuis les jardins du Vatican.image022

14 avril : 1ere démonstration publique de la télévision, à l’aide d’un procédé électromécanique de Barthélémy, dans l’amphithéâtre de l’Ecole supérieur d’Electricité à Malakoff (30 lignes, écran 40×40) :800 invités furent conviés par l’ingénieur René Barthélémy à la première transmission publique de télévision en France, dans l’amphithéâtre de l’Ecole supérieure d’électricité de Malakoff. Ce n’est que 4 ans plus tard, le 26 avril 1935, que la première émission officielle est diffusée depuis le ministère des PTT, rue de Grenelle. La célèbre comédienne, alors sociétaire de la Comédie Française, Béatrice Bretty, fut ainsi le premier visage que les français découvrirent. Elle donna une conférence sur le voyage en Italie de la Comédie Française.vlcsnap-2015-04-15-10h45m14s29

C’est en 1931 que la France se dote pour la première fois d’une véritable station internationale pour porter la voix de la France dans le monde entier et dans un premier temps en direction essentiellement des colonies françaises. Le 6 mai 1931, naît le Poste Colonial. 1931 voit naître également la première ébauche de la radiodiffusion française en tant que chaîne de radio nationale cohérente, affiliant toutes les stations régionales à un réseau fédéral organisé tant au point de vue technique qu’en matière de programmes.a_1931_1_0

8 juin : Naissance de Radio Luxembourg : la Compagnie luxembourgeoise de la radio diffuse, sous le nom de Radio Luxembourg, sa première station. Fondée dans le Grand-Duché du Luxembourg, et bénéficiant d’un émetteur à Junglister, elle profite de sa situation géographique pour se donner des ambitions européennes. Elle sera ainsi diffusée dans trois langues : Allemand, Français et Anglais. Elle prendra le nom de RTL en 1966.72339688

1932
1 million de postes radio.
Au début de 1932 les PTT mettent en service un réseau de câbles souterrains entre Paris et les villes de Lille, Strasbourg, Lyon, Marseille, Bordeaux, Toulouse. Ce réseau est destiné à transmettre des émissions réalisées à Paris aux différentes stations régionales mais aussi dans l’autre sens, c’est à dire des émissions réalisées en Province et qui peuvent être diffusées nationalement. Il s’agit de la première étape à la constitution d’une chaîne nationale regroupant un réseau de stations d’Etat à travers la France. Le dispositif est complété par un centre de modulation (CDM) situé rue des archives à Paris et qui coordonne l’envoi des diverses émissions aux émetteurs. Ainsi Lille peut désormais envoyer une émission à Marseille ou Bordeaux à Strasbourg en transitant par le CDM de Paris et indépendamment de Paris PTT. . . En mars les premières émissions fédérales lyriques et théâtrales du réseau d’Etat sont inaugurées.BatimentetEmetteur

1er réseau de télévision français : Paris Télévision.Barthélemy utilise l’émetteur de Paris-PTT.
Février : Henri de France effectue plusieurs retransmissions de personnages en buste avec le poste de Radio-Normandie à Fécamps, sur une distance de 7 km Ses signaux sont reçus par quelques correspondants à plus de 100 Km.
Octobre : Henri de France parvient à une définition de 120 lignes.

1933
L’événement incontestable de l’année 1933 est la naissance officielle de Radio Luxembourg, la première station périphérique française. Cette station construite avec des capitaux français a obtenu le monopole de la radiodiffusion au Grand-Duché de Luxembourg mais son ambition dépasse largement les frontières de ce petit pays. Son puissant émetteur Ondes Longues couvre la quasi totalité du territoire français à l’exception de l’extrémité sud. Radio Luxembourg arrose également une partie de l’Allemagne, le Bénélux et l’Angleterre. Sa vocation internationale se traduit dans ses programmes annoncés en plusieurs langues. Elle deviendra très vite la radio la plus puissante d’Europe et traversera le siècle en prenant le nom de RTL dans les années 60. Mais si cette naissance est un événement au regard de l’histoire de la radio en France, elle passera presque inaperçue à l’époque car la station, utilisant une fréquence encore non autorisée, ne souhaitait pas donner une publicité particulière à cet évènement.

Le Plan Ferrié entre en action. L’Etat a débuté la construction d’un certain nombre de centres émetteurs situés en dehors des grandes villes de province et destiné à quadriller le territoire à travers un réseau cohérent de 11 régions radiophoniques. Projet de réseau de radiodiffusion d’Etat d’après le plan Férrié tel qu’il devra être mis en place à partir de 1933 : La France est divisée en 11 régions radiophoniques. 10 régions seront dotées d’un émetteur de 60 kW, la région des Alpes ne disposera que d’un émetteur de 20 kW. Au niveau national, l’Etat se dotera d’une station puissante sur Ondes Longues pour couvrir les zones non atteintes par les émetteurs OM.

Henri Queuille, ministre des PTT, fait installer un studio TV rudimentaire au 87 rue de Grenelle, à Paris, relié en permanence à l’émetteur des PTT.

25 avril : Démonstration publique de télévision parlante dans l’auditorium du Poste Parisien.

31 mai : La redevance radiophonique est créée…en contrepartie les postes publics ne feront plus de publicité. Une loi met en place une redevance sur l’utilisation du matériel radiophonique, notamment sur les postes récepteurs et les lampes. Les ressources obtenues doivent servir à financer les dépenses générales de la radiodiffusion d’État et sont récoltées et réparties par les PTT.radio_luxembourg

17 décembre : Radio-Paris est nationalisée et intégrée au réseau d’État sous le nom de Poste National. Radio-Paris aux côtés de Radio Tour Eiffel et Radio PTT. Les anciens propriétaires de Radio-Paris, à qui l’État vient de racheter la radio pour douze millions de francs, réinvestissent une partie de leur bénéfice dans la création de Radio Luxembourg.

24 décembre : fête à l’Hôtel Majestic pour Branly, émission de télévision du poste PTT.

31 décembre : 12 stations privées et 14 d’Etat + 3 stations périphériques : Luxembourg, Monté-Carlo et Andorre.

1934

Cette année 1934 sera celle de la confirmation du pouvoir centralisé du Ministère des PTT à Paris sur l’ensemble des stations du réseau d’Etat. Les associations gérantes seront définitivement écartées de la gestion des antennes régionales ou nationales et remplacées par des Conseils de Gestion dont 2/3 des membres seront nommés par le ministre des PTT qui devient le véritable patron de la radio. Ce pouvoir est également renforcé par la modification des attributions du Directeur Général de la Radiodiffusion qui n’a plus que des prérogatives d’ordre technique sur les installations.

La nuit, on peut recevoir des émissions anglaises à Paris, et on captera à Toulouse des émissions faites au Havre.

10 juillet : Vers la création d’un service public. Un arrêté gouvernemental institue une commission chargée d’effectuer toutes études et d’émettre tous avis, suggestions ou propositions relatif à l’organisation, la réglementation et l’exploitation d’un service public de radiotélévision.
1er récepteur public de télévision par la Compagnie des compteurs, l »Intégra » 400 à 500 récepteurs fin 1934 en France.INOVAT-1934-gopooc-5-lampes-LLD

                                        Ce poste de marque INOVAT à 5 lampes date de 1934. 

18 Janvier : Fondation de l’orchestre National de Radiodiffusion :le premier orchestre symphonique dépendant de la radio d’État est créé grâce à la volonté deJean Mistler, ministre des PTT. Privilégiant la musique contemporaine, l’orchestre se développe rapidement et remporte un succès retentissant. Tous reconnaissent la qualité de ses interprétations. Il donnera son premier concert radiophonique en 1944, soutenant largement la coalition alliée par les hymnes choisis. D’abord Orchestre de l’ORTF, il deviendra, au lendemain du démantèlement de l’Office, l’Orchestre National de France et Radio France en assurera la gestion.

1935

Pour la première fois, il est décidé de supprimer la publicité des programmes des stations d’Etat. La perte financière sera compensée par une augmentation de la redevance. De Paris PTT à Radio PTT Nord, les stations augmentent leur puissance et améliorent leurs conditions d’écoute. Mais le secteur privé n’est pas en reste. Une des plus grande radio privée de l’avant guerre est lancée à partir du rachat de la petite station parisienne Radio LL que le groupe Publicis et son propriétaire, Marcel Bleustein, transforment en Radio Cité.

Le 21 mai 1935, Bleustein rachète la Compagnie Nationale de Radiodiffusion, qui exploite Radio-L.L.. Il obtient du Commissariat au peuple pour les liaisons de l’URSS le droit d’utiliser la longueur d’onde de 280,9 mètres, plus favorable que la précédente.Bleustein cherche un partenariat avec un quotidien pour créer un journal parlé. Après avoir essuyé un refus de Paris Soir, il obtient la collaboration de l’Intransigeant.  Le 28 septembre, Georges Mandel signe l’arrêté qui autorise le transfert de Radio-L.L. en banlieue parisienne. Le lendemain la station change son nom en Radio-Cité et passe de 209 à 280,9 mètres de longueur d’onde. Fanion-Radio-CiteLa station utilise un ton décontracté qui jure avec le hiératisme des radios françaises. Elle lance le Crochet radiophonique, dans lequel des amateurs chantent devant un jury présidé par une vedette qui chante l’une de ses chansons à la fin de l’émission. Elle se déroule alternativement à la salle Pleyel et au cinéma Normandie. La station a ainsi lancé quelques jeunes chanteurs, notamment Édith Piaf. Radio-Cité crée aussi le Music-hall des jeunes, Les plus de quinze ans, le couple le plus heureux de France, et Les chansonniers en liberté, où des chansonniers se moquent des hommes politiques et des vedettes du spectacle. Des émissions de format très court (une minute) sont également diffusés, comme La minute du bon sens de Saint-Granier qui y parle de la vie quotidienne.

Dans le Sud, la petite Radio Béziers ne change pas encore de propriétaire mais devient Radio Midi.

13 février : institution du Conseil Supérieur de la radio.

22 mars: l’Allemagne inaugure le premier programme régulier en Europe.image025

1er avril : Poste Colonial, service en langues étrangères.

26 avril : inauguration officielle de la télévision au 103 rue de grenelle, diffusion en 60 lignes; porté du poste (500w) 100km autour de Paris: cette première émission officielle est diffusée depuis le ministère des PTT, rue de Grenelle.

La célèbre comédienne, alors sociétaire de la Comédie Française, Béatrice Bretty, fut ainsi le premier visage que les français découvrirent. Elle donna une conférence sur le voyage en Italie de la Comédie Française. brettyBéatrice Bretty au poste des PTT le 26 avril 1935 à 20h30 : Après cette séance de télévision Béatrice Bretty affirma qu’elle avait l’impression que son cerveau allait bouillir dans sa tête tellement l’éclairage était violent et que, aveuglée, elle a eu du mal à lire son texteStudioGrenelle1935_2

10 novembre : George Mandel inaugure à la Tour Eiffel la 1ere émission en 180 lignes.

17 novembre : émetteur provisoire de 2,5kW sur la Tour Eiffel.

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18 novembre : l’inauguration du nouveau studio, rue de Grenelle, avec un système de 180 lignes mécaniques. On y voit la première speakerine, Suzy Winker.

1936 
3 millions de postes radio.

13 janvier :  Radio-Cité diffuse une émission devenue célèbre, La famille Duraton, d’abord nommée Autour de la table, qui sera reprise après la guerre sur Radio-Luxembourg et ne prendra fin qu’en 1966. Une famille fictive, composée du père fonctionnaire, de son épouse, de leur fils et de leur fille, puis plus tard de son fiancé, y commente l’actualité.duraton

La famille Duraton

Apparait aussi Sur le banc, une émission à sketches mettant en scène deux sans-abris : Carmen (Jane Sourza) et La Hurlette (Raymond Souplex). Une pièce de théâtre est diffusée chaque semaine, ainsi qu’un concert.

Certains groupes privés craignant l’interdiction prochaine de leurs stations se tournent une nouvelle fois vers l’étranger pour installer des émetteurs orientés vers la France. C’est le cas de la Radiophonie du Midi, propriétaire de la puissante Radio Toulouse, qui, depuis 1935, essaie d’obtenir la concession de la radio en Principauté d’Andorre, pays encore dépourvu de station. Il lui faudra encore plusieurs années pour créer sa radio périphérique. Le gouvernement français s’efforce de développer la puissance des radios d’Etat. Après Strasbourg dont la puissance avait été portée à 60 kW en octobre 35, Paris PTT passe à 120 kW (mai 1936), Lille à 60 kW (juin 1936), Lyon à 100 kW (juillet 1936), Toulouse à 120 kW (Août 1936), Rennes à 120 kW (octobre 1936) et Marseille à 120 kW (novembre 1936).image032Marc Chauvierre présente à la Sorbonne le 1er récepteur à tube cathodique, pour grand public, le Visiodyne.

16 août : les J.O. de Berlin sont télévisés, 150 000 téléspectateurs ont assisté aux cérémonies et aux épreuves. Les retransmissions se font par câbles qui relient la plupart des grandes villes allemandes.

JO Berlin 1936 2_thumb[5]

1937

Le réseau de radiodiffusion d’Etat Radio PTT est mis en place avec 3 postes nationaux et 18 relais en province.
Pour sa deuxième année au pouvoir, le Front Populaire essaie d’étendre son contrôle sur la radio publique. Le renouvellement des conseils de gérance des postes d’Etat est l’occasion pour l’association d’auditeurs de gauche « Radio-Liberté » de siéger dans les conseils de gérances des stations des PTT.
Du coté des radios privées, l’événement de l’année est la naissance de Radio 37 qui porte ce millésime dans son nom. C’est le patron du quotidien Paris-Soir qui se trouve à la tête de Radio 37, ce qui confirme encore un peu plus la main mise de la presse écrite sur la radio privée.
4 janvier : émissions régulières de télévision en France, émetteur de 25kW (semaine : 11h à 11h30, 20h à 20h30 ; dimanche 17h30 à 19h30).radio_luxembourg

En dehors de l’émission phare de la station, le Bar des Vedettes, qui est réalisée en public, la plupart des émissions sont diffusées en studio et souvent à base de disques. La station s’assure quelques contrats d’exclusivité avec des vedettes de la chanson de l’époque, dont Mistinguett qui anime même une émission les soirs à 20h30.  Le théâtre, très prisé des auditeurs à cette époque où la télévision n’existe pas, n’est pas absent des programmes : Radio 37 retransmet les concours du conservatoire et les pièces du « Théatre de la Rose des Vents ».  L’information est un point fort de la station grâce au talent de journalistes issus essentiellement de Paris-Soir et des journaux du groupe Prouvost qui patronnent souvent des émissions, à l’exemple de Marie-Claire. Les reportages, grâce à plusieurs voitures d’enregistrement et un car de reportage, sont assurés par une équipe de reporters présents sur tous les stades, sur la route du Tour de France mais évidemment, aussi, partout où l’actualité l’exige et même à l’étranger.

Mai : Radio Cité utilise un nouvel émetteur d’une puissance de 2,8 kW est construit à Argenteuil . Le pylône et les bâtiments sont totalement détruits à la dynamite par les Allemands en août 1944.

Télévision : l’Allemagne adopte le 441 lignes.
1938

Allouis01Février: Mise en service du centre émetteur Ondes Longues, baptisé « le National » à Allouis dans le Cher :puissance de 900 kW. Ce centre devient le plus important de la radiodiffusion française. Des émetteurs « ondes courtes » y seront rajoutés en 1939.

24 avril : Mise en service des émetteurs ondes courtes des Essarts-le-Roy. Le Poste Colonial est rebaptisé « Paris Ondes Courtes », puis « Paris Mondial ».

18 septembre : les essais de télévision en 455 lignes débutent avec un nouvel émetteur sur la tour Eiffel arrosant la région parisienne dans un rayon de 100 km.mire-19371

 La première mire « Télévision Française » apparaît sur les téléviseurs 

17 octobre : arrêté sur le droit de contrôle politique de l’Etat sur la radio.

30 octobre : Orson Wells terrorise l’Amérique  . Le réalisateur américain Orson Welles adapte le roman de science-fiction de H.G Wells « laguerre des mondes » à la radio. Le feuilleton, qui raconte l’invasion de la terre par les martiens, est diffusé en fin de journée sur CBS. Wells y joue plusieurs personnages à la fois, dont un faux envoyé spécial qui s’écrit: « I guess that it…That’s the thing…Terrific…. » La plupart des auditeurs prennent l’émission en cours et sont effrayés. Plusieurs milliers de personnes s’enfuient de chez elles croyant à une réelle invasion martienne sur le New-Jersey. Orson Welles s’excusera devant toute l’Amérique quelques jours plus tard, toujours à la radio.

1939

5 millions de postes radio.

Janvier : renforcement de l’émetteur de la Tour Eiffel (puissance : 5kW).

brora033 août : Création de la station privée Radio Andorre. Cette station est la deuxième radio périphérique française après Radio Luxembourg. Elle est due à l’initiative du propriétaire de Radio Toulouse, Jacques Trémoulet qui a obtenu l’exploitation exclusive de la radio en Principauté d’Andorre. La station est, dès le début, bilingue, français-espagnol. Son émetteur est installé à Encamp et son antenne se dresse au bord du Lac d’Engolasters, ce qui en fait l’antenne la plus haute d’Europe. La station fait le choix de ne pas diffuser d’informations mais uniquement des disques. A la veille de la déclaration de guerre, ce choix est dicté davantage par une prudence prémonitoire que par un prétendu cahier des charges imposé par les autorités andorranes soucieuses de leur neutralité. Radio Andorre est audible dans l’Europe entière et dans toute la France.

29 juillet : décret créant la « Radiodiffusion Française Nationale » (RN) dotée d’un budget autonome et placée sous l’autorité du président du conseil.

16 décembre: Les allemands lancent deux radios de propagande en français : « Radio Humanité » et la « Voix de la Paix ». « Radio Humanité » prétendument « poste du mouvement ouvrier révolutionnaire » est destiné à mobiliser les ouvriers contre la guerre. »La Voix de la Paix » se veut pacifiste et dénoncent les va-t-en guerre du gouvernement français. Ces émetteurs fonctionneront jusqu’au 25 juin 1940.

Le 3 septembre 1939 la déclaration de guerre de la France à l’Allemagne est annoncée à la radio.
1940
Allouis041er avril : gouvernement Raynaud ; la Radio Nationale est rattachée au ministère de l’information.
8 avril : la RN est rattachée à la présidence du Conseil.
18 mai : Toutes les stations françaises reçoivent l’ordre de se saborder en cas d’attaque allemande. Radio Lille est la première d’entre elles à se saborder avant l’arrivée des nazis. L’émetteur de Camphin est saboté par les techniciens de la station.
13 juin : Les émetteurs de Rueil-Malmaison (Radio 37), Romainville (Radio Ile-de-France) sont sabordés.L’émetteur de Radio Cité est miné, mais les officiers du génie ne le feront pas sauter. La station cesse également ses émissions comme les autres radios parisiennes sauf celles de Radio Paris qui se poursuivent depuis l’émetteur d’Allouis dans le Centre.

À la signature de l’armistice, les émetteurs situés en zone occupée passent sous contrôle allemand ainsi que les moyens techniques de cinq stations de radio d’avant-guerre (les deux postes privésLe Poste Parisien et Radio Cité, et les trois postes d’État Radio Tour Eiffel, Radio PTT, et le Poste national Radio-Paris) qui sont regroupés en réseau pour diffuser un même programme dès le 5 juillet 1940. Les studios des Champs-Élysées de l’ancien Poste Parisien sont réquisitionnés et affectés à cette nouvelle radio placée sous la direction de la Propaganda Abteilung Frankreich, organisme mis en place dès le 18 juillet 1940 par le commandement militaire allemand afin de contrôler et de censurer la presse écrite, la radiodiffusion, la littérature, le cinéma et l’ensemble des manifestations culturelles et bénéficie de larges moyens. Cette nouvelle radio, placée sous l’autorité du Docteur Bofinger, prend le nom de « Radio-Paris » afin de profiter de l’aura de l’ancienne première radio nationale d’avant-guerre et de créer une confusion volontaire dans l’esprit des auditeurs destinée à faciliter le rôle de propagande que la Propaganda Abteilung Frankreich entend lui faire jouer pendant toute la Seconde Guerre mondiale.

Radio-Paris_1941Ses moyens financiers importants lui permettent de proposer une programmation de grande audience, élaborée et distrayante, où les émissions musicales occupent une place prépondérante. Tino Rossi et Maurice Chevalier chantent à son micro et le réputé grand orchestre de Radio-Paris, dirigé par Jo Bouillon, participe au succès de la station. Cette radio allemande de propagande en langue française recrute de nombreux journalistes collaborationnistes français. Parmi ses principaux orateurs, on peut citer Jean Hérold-Paquis, membre du PPF et du comité d’honneur de la Waffen SS qui ponctue sa chronique militaire quotidienne par le slogan : « Et l’Angleterre comme Carthage, sera détruite », René-Louis Jolivet, Robert de Beauplan, Jean Lousteau, Pierre Ducrocq, Alain de Berthois, Jean-Henri Azéma ou encore le milicien Philippe Henriot. À travers ses éditoriaux et ses émissions politiques, Radio-Paris diffuse une propagande en faveur de la collaboration et d’une Europe nouvelle. Ainsi, des journalistes allemands viennent s’exprimer au micro de Radio-Paris, comme le Docteur Friedrich, qui débute en avril 1941 son émission « Un journaliste allemand vous parle » diffusée chaque dimanche à 20 h 45.

17 juin : L’Information est confiée au ministre de l’intérieur Charles Pomaret.
Pétain annonce au micro de Bordeaux-Lafayette que son gouvernement demande l’armistice.
Les postes d’Etat de « Radio Paris » (émetteur d’Allouis), « Lyon Tramoyes » et « Paris Mondial » cessent leurs émissions. L’émetteur de Lyon est mis hors d’état.

18 juin: De Gaulle appelle à « continuer le combat » depuis la BBC à Londres.

Les Français parlent aux Français: durant plus de quatre ans, sur la BBC, la France libre a mené une impitoyable guerre «en direct» contre Vichy et Radio Paris, appuyant la Résistance depuis Londres.

«Les sanglots lents des violons de l’automne… bercent mon cœur d’une langueur monotone.» La célèbre strophe du poème de Paul Verlaine, légèrement altérée («bercent» au lieu de «blessent»), a été citée d’innombrables fois dans les films de guerre pour illustrer les messages secrets émis par Radio Londres à l’approche du débarquement de Normandie.Ce n’était évidemment pas du cinéma. Le message codé de Verlaine a bien été diffusé en deux phases, entre le 1er et le 5 juin 1944, parmi 200 autres avis cryptés, qui comprenaient également des leurres. La célèbre phrase était destinée au réseau Ventriloquist, actif dans le pays de la Loire, de la Sologne et jusqu’au Poitou. Elle donnait l’alerte, puis la confirmation d’ordre, pour le déclenchement du sabotage des voies ferrées situées à l’arrière de la Bretagne et de la Normandie. Les résistants s’y sont employés avec efficacité, ignorant l’immense importance de la réussite de leur action.

«Messages personnels»

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Sur les ondes de la BBC, les «messages personnels» s’étaient en fait multipliés depuis le 1er juin 1944. Diffusés jusqu’à quatre fois par jour pendant un quart d’heure environ, ils étaient destinés surtout aux réseaux et aux groupes de la Résistance.A l’approche du «D-Day», il s’agissait surtout d’ordres de sabotages massifs de lignes électriques et de télécommunications, de routes et de voies de chemins de fer, ou alors de l’annonces de parachutages d’armes.Les auditeurs qui écoutaient clandestinement Radio Londres ont pu entendre des codes d’alerte comme «Christian, laisse tes cheveux tranquilles», «La cuisinière vient d’avoir des quintuplés» ou «Madeleine attend depuis dix minutes». Ce dernier message, par exemple, était destiné au réseau de résistance Acolyte, dans la région de Roanne. Ce maquis provoquera des déraillements sur plusieurs voies ferrées nord-sud, la coupure du câble téléphonique Paris-Rome ou encore la destruction de la ligne haute tension alimentant Vichy.Le principe des «messages personnels» avait été imaginé par l’ingénieur français Georges Bégué, qui était au service du Renseignement britannique. Le premier message, «Lisette va bien», a été émis le 3 septembre 1941 pour annoncer une opération de parachutage.


L’Appel du 18 juin 

Charles-de-Gaulle-18juin1940-1Mais la voix de la France libre, sur les ondes de la BBC, ne se limitait pas à ces messages codés. L’émission quotidienne «Les Français parlent aux Français» était en soi une arme de guerre, animée par des soldats du micro. Au travers d’éditoriaux, de chroniques, de sketches et de chansons, ils ont mené pendant plus de 1500 soirs une impitoyable «bataille des ondes».La première salve a été tirée le 18 juin 1940 par le général de Gaulle. Dans un discours radiodiffusé majeur – peu entendu en direct mais largement reproduit par la presse française – il a lancé un vibrant «Appel» aux armes: 37613«Quoi qu’il arrive, la flamme de la Résistance française ne doit pas s’éteindre et ne s’éteindra pas.» Le général s’exprimera à 67 reprises au micro de la BBC.Depuis l’immeuble victorien de la Bush House, l’équipe de la section française, menée par Jacques Duchesne, va alors inlassablement entretenir la flamme, multipliant les messages d’espoir et de combat. Les voix de Maurice Schumann, Jean Oberlé, René Cassin, Jean Marin, Brunius ou Pierre Dac (dès 1943), deviennent peu à peu familières: des milliers de Français écoutent Radio Londres soir après soir sur le continent, puis des centaines de milliers, jusqu’à mobiliser en 1944 les masses de patriotes de l’insurrection nationale.

Devoir et honneur

«Les voix de la BBC ont apporté aux Français l’espoir dans les heures les plus sombres. Elles leur ont révélé ce qu’une propagande de mensonge leur cachait. Elles leur ont sans cesse rappelé les exigences du devoir et de l’honneur. Elles ont contribué à piloter l’action résistante», commente l’historien de la France libre et ancien résistant Jean-Louis Crémieux-Brilhac.Vichy et les nazis ont utilisé tous les moyens pour tenter de faire taire cette arme de guerre: brouillage (plutôt inefficace), diffusion puissante et attrayante de Radio Paris, interdiction d’écoute des programmes de la BBC… En zone occupée, la publication de textes d’émissions est même punie de mort. En vain. Ils perdront la bataille des ondes…

Les voix de la France libre10_c1_hv_radio

L’équipe française de la BBC, à Londres. Avec ici, de gauche à droite:Jacques Duchesne, responsable des programmes, Jean-Jacques Mayoux, André Gillois, Maurice Schumann, Jean Oberlé et Geneviève Brissot. © In «De Gaulle et les Français libres», Ed. Albin Michel, 2010/DR

> Jacques Duchesne. Cet acteur et metteur en scène, de son vrai nom Michel Saint-Denis, avait créé une troupe théâtrale à succès à Londres déjà avant la guerre. Rescapé de Dunkerque, il sera le responsable des programmes en français de la BBC dès juillet 1940 et jusqu’en 1944. Ses émissions comme «La discussion des trois amis» ou «La petite académie» étaient particulièrement écoutées.

> Maurice Schumann. Philosophe de formation, l’ancien journaliste de «L’Aube» a gagné Londres dès juin 1940. Orateur de talent, il devient le porte-parole du général de Gaulle et responsable à la BBC des cinq minutes de l’émission «Honneur et patrie». Le 6 juin 1944, il participe au débarquement de Normandie, puis accompagne la 2e division blindée vers Paris, assurant la liaison entre l’armée de la libération et les Forces françaises de l’intérieur.

> Jean Oberlé. Ce journaliste spirituel, dessinateur et peintre, se trouve à la BBC, le 18 juin 1940, lors de l’Appel du général de Gaulle. Il se rallie immédiatement aux Français libres. Il va multiplier les éditoriaux, ainsi que les sketches. On lui doit la fameuse ritournelle «Radio Paris ment, Radio Paris ment, Radio Paris est allemand», chantée au rythme de «La Cucaracha».

> Jean Marin. Ce correspondant de l’agence Havas à Londres, dont le vrai nom est Yves Morvan, est aussi un éditorialiste de la première heure au micro de la BBC. Jusqu’en 1943, il sera l’une des voix quotidiennes de l’émission «Les Français parlent aux Français». En 1944, il participe à la libération de Paris. Après la prise de Rennes, il dirige Radio Bretagne. Il participera également à la naissance du quotidien «Ouest-France».

> Pierre Bourdan. De son vrai nom Pierre Maillaud, ce rédacteur de l’agence de presse Havas, à Londres, jette les bases de l’Agence française indépendante (AFI) lorsque Havas Paris passe sous contrôle allemand. Jusqu’en juillet 1944, il va intervenir plusieurs fois par semaine au micro de la BBC, assurant les commentaires politiques et militaires.

> André Gillois. Editeur et homme de radio avant-guerre au Poste parisien, André Gillois, alias Maurice Diamant-Berger, a participé aux premiers réseaux de la Résistance en zone libre avant de gagner l’Angleterre en 1942. Dès mai 1943 et jusqu’en septembre 1944, il a été l’animateur quotidien de l’émission «Honneur et patrie». Il a succédé à Maurice Schumann en juin 1944 au poste de porte-parole du général de Gaulle.

L’humour comme arme

Les soldats du micro de Radio Londres avaient aussi leurs francs-tireurs. Le plus percutant était déjà célèbre en France avant la guerre pour son humour décapant: Pierre Dac, «le roi des loufoques», fondateur du journal satirique «L’Os à moelle», habitué des théâtres et des cabarets. Le chansonnier rejoint les combattants de la France libre le 30 octobre 1943, après une longue et difficile période d’exil et de captivité en France et en Espagne. Il est finalement échangé contre quelques sacs de blé… A la BBC, les interventions de Pierre Dac vont dynamiter la propagande des collaborateurs et des Allemands. Géant du trait d’esprit, il multiplie les chroniques, fustigeant le gouvernement de Vichy et le régime nazi. Il parodie les chansons à la mode, «Les gars de la marine» devenant «Les gars de la vermine». Un humour qui stimule l’esprit d’insoumission des Français.

Durant les neuf derniers mois du conflit, le comique engagera un duel radiophonique épique avec le plus redoutable orateur de Radio Paris, le secrétaire d’Etat à la propagande Philippe Henriot. Son discours lapidaire, «Bagatelle sur un tombeau», restera dans les annales. Discrédité pour ses origines juives – son vrai nom était André Isaac -, qui l’empêcheraient d’être un bon Français, Pierre Dac rappellera que son frère Marcel est «mort pour la France», fauché par les obus allemands en 1915. Et de porter l’estocade: «Voilà, Monsieur Henriot, ce que cela signifie pour moi, la France. Sur votre tombe, si toutefois vous en avez une, il y aura aussi une inscription. Elle sera ainsi libellée: Philippe Henriot, mort pour Hitler.» Une épitaphe prémonitoire: l’orateur de Radio Paris sera tué par la Résistance deux mois plus tard.

Quant à Pierre Dac, il sera fait chevalier de la Légion d’honneur par de Gaulle, recevra la croix de guerre avec palmes et la médaille de la Résistance. Mais ce sont ses sketches avec Francis Blanche qui le rendront à jamais célèbre. En particulier son interprétation du Sâr Rabindranath Duval…

19 juin : La Radio Nationale est une nouvelle fois rattachée à la Présidence du Conseil sous l’autorité du Haut Commissaire à la propagande, Jean Prouvost.

22 juin: Second appel de de Gaulle au micro de la BBC qui met son micro à la disposition de la Radiodiffusion Nationale Française durant un quart d’heure chaque soir à 20h30 après la diffusion des informations en français assurées par les équipes de la radio anglaise. L’émission s’intitule « Ici la France ». Cet accord ne dure que 3 jours. Avec la signature de l’armistice, il ne peut plus y avoir d’accord avec la radio française, mais l’émission perdure avec des journalistes français réfugiés à Londres.

5 juillet : Les radios privées de la zone libre sont autorisées à reprendre leur diffusion. Elle devront relayer dans un premier temps le programme de la nouvelle Radio Nationale de Vichy. Les programmes locaux et la publicité restent pour le moment interdits.

Dans la zone occupée les radios privées ne sont plus autorisées à reprendre leurs émissions.

6 juillet : La nouvelle Radio Nationale de Vichy diffuse sa première émission.

134751113533Le studio est installé au Casino de Vichy et le service des informations à l’Hôtel du Parc (chambre 252) qui abrite aussi le Maréchal et le gouvernement. La première émission est une allocution de Jean Prouvost, haut-commissaire à l’information. RadiodiffN

Un réseau est constitué à partir des émetteurs d’Etat non détruits de la Zone Sud : Toulouse (389,6 m), Marseille (400,5 m), Lyon (463 m), Nice (253,2 m), Grenoble ( 514,6 m), Limoges (333,20 m), Montpellier (224 m).Ce réseau n’est pas encore synchronisé et pour des raisons militaires, il doit arrêter toute diffusion dès la tombée de la nuit car les émetteurs pourraient guider les avions anglais. Les stations privées de la Zone Sud (Radio Toulouse, Radio Montpellier, Radio Agen, Radio Méditerranée, Radio Lyon et Radio Nîmes.) relaient également ce programme dans les mêmes conditions.

18 juillet : la Radio Nationale est rattachée à la Vice-Présidence du Conseil.

11 septembre : Première émission de la France Libre sur Radio Brazzaville au Congo avec un émetteur de 20 kW assez peu audible.
13 décembre : la Radio Nationale est rattachée à la Présidence du Conseil.

1941
La radio privée en Zone Sud peut à nouveau espérer survivre. Mais elle est étroitement surveillée. La mise en place d’un monopole de la radiodiffusion d’Etat date de cette année, mais elle est assortie de dérogations pour les quelques stations privées encore en activité. La Fédération Française de Radiodiffusion, soumise à la censure de Vichy, centralise les radios privées de la Zone Sud avec un programme commun réalisé pour partie à Toulouse et à Lyon et des émissions locales pour chaque radio. Les informations transmises sur ce réseau sont celles de la Radio Nationale de Vichy.
La Radio Nationale de Vichy se réorganise et peut de nouveau avoir des lignes avec Paris, ce qui lui permettra d’améliorer ses émissions. Mais si la réception est améliorée, le contenu reste assez pauvre et peu écouté. Parmi les émissions les plus populaires : chaque matin à 7h, « Bonjour la France » rassemble quelques chansonniers autour d’un micro. Cette émission a quelques points communs avec la Famille Duraton de l’avant guerre. Elle est agrémenté de conseils culinaires, de poésie ou de leçons de culture physique. Elle disparaîtra à l’automne 41. Les émissions artistiques de la radio de Vichy sont réalisées essentiellement dans les stations régionales qui n’offrent plus de décrochage local. La station de Marseille est la plus active concernant la production d’émissions qui sont diffusées sur le réseau. Les concerts et opéras sont, eux, retransmis depuis le Casino de Vichy. Ce n’est que fin 41 que des émissions depuis Paris sont à nouveau possible.
Les radios des colonies françaises comme Radio Saigon, Radio PTT Alger, Tunis National ou Radio Maroc restent également contrôlées par Vichy, mais avec moins de vigilance que sur le territoire métropolitain.
De son coté, Radio Paris, totalement contrôlée par les allemands, diffuse des émissions de divertissement (concerts de musique classique et de variétés), entrecoupées de chroniques politiques qui vantent les bienfaits de la collaboration. Si ces programmes sont relayés par les émetteurs bretons, la Bretagne est la seule région de la Zone Occupée à disposer d’émissions locales en décrochage. La langue bretonne y est autorisée et même favorisée, ce qui permet aux nazis de contrôler les nationalistes bretons et d’exacerber leur racisme anti-anglais.
L’émetteur de télévision 441 lignes de la Tour-Eiffel est détruit.
4 janvier : la RN est rattachée aux affaires étrangères.
10 février : la RN est rattachée à la vice-présidence du Conseil.

3 mai : les USA adoptent le standard 525 lignes, 30 images par seconde et abandonnent le 441 lignes.

1942

L’événement de l’année 42, va être le débarquement des troupes anglo-américaines dans les colonies françaises d’Afrique du Nord, sans que les français libres de de Gaulle n’y soient associés, ni même mis dans la confidence.Cet événement va engendrer une crise sévère à la radio de Londres. De Gaulle, qui sera censuré par les anglais, ne pourra exprimer son point de vue. En conséquence, il refusera de s’exprimer à la BBC et sera suivi par ses collaborateurs. La situation sera aggravée par un autre fait : Les anglais ont lancé le 1er octobre un nouvel émetteur OC qui s’appelle « Radio Patrie » et qui est animé par un ancien animateur de la radio française, Maurice Diamant Berger, qui, sous son nom de résistant « André Gillois », s’adresse aux résistants de la France occupée. André Gillois est aussi par ailleurs membre des services secrets britanniques et totalement déconnecté du Général de Gaulle. Mais peu à peu, la situation en Afrique du Nord va devenir plus favorable aux gaullistes notamment après l’assassinat de Darlan en décembre 42. Les anglais vont se rapprocher à nouveau de de Gaulle qui va retrouver, avec son équipe, le chemin des studios de la BBC.

A Alger, les gaullistes mettront plusieurs mois pour investir les postes clefs et début 43, il contrôleront Radio Alger, devenue Radio France.

20 mars : Les bases de la création de Radio Monte-Carlo sont jetées entre Italiens, Allemands et Français de Vichy. Le propriétaire de Radio Méditerranée est partie prenante dans ce montage mais en sera écarté avant le lancement de la station en 1943. Sur les autres antennes, la propagande se durcit très sensiblement avec les échanges véhéments entre les éditorialistes de Radio Paris ou Radio Vichy et ceux de la BBC.  L’administration française a acheté Magic City, 188 rue de l’Université, La famille de l’Alma, 13-15 rue Cognacq Jay et le garage qui les sépare.

30 juillet : mise en place de la télévision allemande en 441 lignes à Paris pour les occupants, création par réquisition de la préfecture de la Seine, des studios de télévisions au 13, 15 rue Cognac Jay (ancienne pension La Familiale de l’Alma) et du dancing Magic city (180 rue de l’Université) et l’exploitation régulière commence le 7 mai 1943.Kurt Hinzmann inaugure officiellement Fernsehsender Paris, le 29 septembre 1943.image037

7 novembre : loi de Vichy réorganise la radio et l’autorise à prendre des participations dans les postes privés ainsi placés sous tutelle de l’Etat.

La Compagnie des compteurs et la firme allemande Téléfunken signent un accord pour une station Paris-Télévision. Inaugurée le 29-9-1942, diffuse en 421 lignes depuis la Tour Eiffel.

1943

La voix de la France Libre ne se fait plus entendre que depuis Londres, le Général de Gaulle dispose désormais en Afrique, de stations qu’il contrôle totalement. La radio d’Alger s’appelle désormais « Radio France » et « Radio Brazzaville » est inaugurée au Congo. Cette dernière station, qui émettait déjà confidentiellement, est dotée d’un puissant émetteur en 1943, ce qui lui permet de toucher confortablement toutes les colonies et d’être audible en France à certaines heures.1_2_2_1_Conference_de_Brazzaville-big

En France, la résistance multiplie également les postes clandestins comme « Lyon Combat » à Lyon.
De leur coté, les Allemands ne restent pas inactifs en matière radiophonique. Après avoir tenté, en vain de prendre le contrôle de la radio périphérique neutre, Radio Andorre, ils créent en coopération avec les Italiens et Vichy une deuxième radio périphérique à Monaco, « Radio Monte-Carlo ». Mais dans un premier temps, la station ne diffuse pas de propagande et reste essentiellement distractive.
En revanche, ils lancent aussi de nombreuses stations clandestines pour sensibiliser toutes les couches de la population par des émissions sournoises de propagande ciblée. Ces stations dont les studios et les émetteurs sont en France, diffusent quelques heures par jour, essentiellement en direction de l’Afrique où les stations gaullistes sont actives. Les ondes courtes leur permettent d’arroser une importante zone géographique. Elles auront une vie éphémère : Radio Brazzaville II, Radio Libération, Radio Torchon, Radio Lutte Sociale…
Enfin, le gouvernement de Vichy, en dehors de sa Radio Nationale, va lancer une nouvelle station vers l’Afrique « La France Fidèle », elle aussi, destinée à contrer les radios gaullistes du Maghreb et d’Afrique noire. En revanche, Vichy a cessé les émissions clandestines de « Radio Révolution » et rendu son émetteur au propriétaire de Radio Toulouse qui va ainsi pouvoir lancer un « Radio Toulouse II ». Radio Toulouse II diffuse des émissions régionales sur ce deuxième émetteur toulousain mais aussi sur les émetteurs de Radio Agen et Radio Montpellier qui sont dans son giron.
8 mai au 16 août : Paris Télévision entre en service sous contrôle allemand.
17 juillet : Premières émissions de RMC.Logo_RMC_1943
1944
Dans leur retraite, les Allemands détruisent systématiquement toutes les installations de la radiodiffusion en France. Pylônes, émetteurs, studios sont dynamités, pillés, démontés. Seules quelques installations, comme celles de Limoges, seront épargnées grâce à l’intervention de la résistance. Les radios contrôlées par les nazis comme Radio Paris ou Rennes-Bretagne, ou la radio de Vichy, cessent leurs émissions en août 44. Leurs animateurs et dirigeants seront en fuite ou arrêtés et jugés pour collaboration. Certains, comme l’éditorialiste Philippe HENRIOT seront abattus par la Résistance.
22 février : Une loi crée le Registre public de la cinématographie et de l’audiovisuel.
6 juin 1944 : à l’aube les Alliés débarquent sur les plages de Normandie. La radio de Vichy et la nazie Radio Paris annoncent le débarquement dans leur journal de 12h30 et diffusent à 14h15 un court discours du Maréchal Pétain qui annonce  » La France devient un champ de bataille. N’écoutez pas ceux qui conduisent le pays au désastre « . La BBC, quant à elle, a diffusé ses premiers communiqués le matin à 9h30. Il faudra attendre 17h30 pour entendre la voix du Général De Gaulle sur la BBC annoncer que  » la bataille suprême est engagée « .

22 juin : une ordonnance crée une direction de la radiodiffusion.

4 juillet : Première émission de Radio Cherbourg contrôlée par les Alliés. Il s’agit de la première radio libre à émettre sur le territoire métropolitain (et sur le continent) depuis le début de la guerre.

16 août : vers 23h30, c’est l’arrêt définitif de Paris-Télévision sans aucune destruction de matériel pourtant demandée par Berlin.

17 août: Radio Paris cesse d’émettre. Les Allemands sabotent le Centre d’émission d’Allouis.

20 Août: à 22h31, la Radiodiffusion de la Nation Française diffuse la Marseillaise sur les ondes. Le speaker Pierre Crénesse ne fait qu’une seule annonce : « Ici… Radiodiffusion de la Nation Française » et laisse la place à un programme de disques diffusé jusqu’au lendemain soir et seulement entrecoupé de l’indicatif de la station.Le même jour, la nouvelle radio de Toulouse émet également sur un émetteur provisoire.

26 août: La Radiodiffusion Française retransmet les cérémonies qui entourent la rencontre du Général De Gaulle avec le peuple de Paris. Au bout de quelques jours, la Radiodiffusion de la Nation Française quitte l’immeuble de la rue de l’Université pour rejoindre les studios de l’ex-Radio Paris au 116 bis avenue des Champs Elysées. C’est de ces studios, appartenant avant-guerre à la station privée le Poste Parisien, que les nazis avait diffusé leur propagande durant toute l’occupation.

Henri BONNET est nommé Commissaire à l’Information du nouveau Gouvernement de Gaulle.

Les FFI envahissent les studios de la Radio Nationale à Vichy qui cesse ses émissions.

Septembre : Afin de conserver les témoignages et les documents radiophoniques diffusés au cours de la « guerre des ondes », la RNF, futur RDF, fonde une phonothèque. Les plus grandes interventions politiques seront précieusement conservées, au même titre que les enregistrements issus de la Seconde Guerre mondiale. Au cours des années suivantes, l’INA reprendra le flambeau et la phonothèque s’appliquera ainsi à archiver et restaurer si nécessaire les meilleures émissions radiophoniques françaises.

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1er octobre: reprise des activités rue Cognac Jay avec quelques essais d’émissions de télévision en 441 lignes par intermittence en circuit fermé car les américains interdisent l’utilisation de l’émetteur de la tour Eiffel. Il sera restitué le 1er octobre 1945. Ces essais permettront aux techniciens français de se former et de s’habituer au nouveau matériel.

 

 

2 octobre : la radio est rattachée au commissariat de l’information.

Aux USA: Premier système de TV en couleurs et naissance du câble.

1945

L’année 1945 voit l’instauration du monopole d’Etat de la radio en France pour près de 40 ans. Toutes les initiatives locales liées à la résistance ou aux alliés sont récupérées par la Radiodiffusion de la Nation Française qui reconstitue son réseau d’émetteurs à travers le territoire. Les radios privées, dont certains propriétaires sont accusés de collaboration à la Libération, sont définitivement interdites d’émission sur le territoire par l’ordonnance du 26 mars 1945. La Radiodiffusion de la Nation Française est elle même reprise en main par le gouvernement qui renforce son emprise sur le média en créant la RDF (sigle de Radiodiffusion Française), établissement public dont le journal parlé et la rédaction dépend en ligne directe du Ministère de l’Information.

Marc Chauvierre et Jacques Donnay présentent au GTIR un système avec transmission de l’image et du son sur la même porteuse (son en numérique).

23 février : 2 ordonnances confirment le monopole de l’Etat réquisitionnant toutes les installations de postes privés.

23 mars: Création de la Radiodiffusion Française (RDF) qui se substitue à la Radiodiffusion de la Nation Française. La RDF est un établissement public. Pierre-Henri Teitgen, ministre de l’information estimant que la radio doit être la voix du gouvernement, enlève la référence à la Nation dans la dénomination de la radio nationale.image039

La RDF prend en charge les installation des Dom (Guadeloupe, Guyane, Martinique, Réunion).

La Sofira (Société financière de Radiodiffusion) se transforme en Sofirad. Récupère les actions allemandes et italiennes de Radio Monté Carlo en passant de 50 à 83%, le reste est attribué au Trésor Monégasque.De 1945 à 1958 la Sofirad finance Andorre Radio qui deviendra Sud Radio.

Le monopole de la radiotélévision interdit pratiquement toute initiative privée de transmission des images par fil. Quelques cas sont tolérés (ex : HLM des Hauts-du Lièvre à Nancy, Flaine (Haute Savoie) et Montigny les Metz (Moselle).

23 juin : les émissions de RMC reprennent.

31 décembre: environ 1000 téléviseurs sont en service en France.
1946

329px-RDF1946.svgL’année 1946 restera une des plus difficile pour la radiodiffusion française. La reconstruction du réseau d’émetteurs est loin d’être terminée et coûte cher. La RDF n’a jamais bénéficié de dommages de guerre pour les destructions que lui a infligée l’armée allemande et les services de la redevance sont encore mal organisés, ce qui implique un lourd déficit entre les recettes et les dépenses. L’année 1945 s’est terminée avec un déficit de 125 millions de francs. Le budget annuel de la RDF en 1946 est de 2 milliards de francs. 500 000 francs sont consacrés à la reconstruction du réseau et seulement 140 000 F sont consacrés aux programmes, le reste finançant son fonctionnement administratif. La taxe radiophonique ne rapporte que 1,3 milliard de francs.
L’arrivée du nouveau Directeur Général Wladimir Porché en mars 1946 va définitivement enrayer la spirale infernale. Des coupes sombres dans les programmes, la réduction à 1/2 heure par jour des décrochages des stations de province, le licenciement de 293 personnes, dont 48 journalistes, la réduction du nombre d’immeubles de la RDF à Paris qui passent de 34 à 21 et l’amélioration du service de perception de la taxe radiophonique font que la RDF termine l’année 1946 avec un bénéfice de 76 millions de francs.

20 mai: Premières émissions expérimentales en Modulation de Fréquence en France entre le 214 rue Raymond Losserand et le Palais Berlitz, vitrine de la RDF à Paris. L’émetteur d’une puissance de 500 watts émet tous les jours de la semaine de 12h à 14h. Si la MF est déjà bien développée aux USA, sa mise en place reste relativement couteuse et il faudra encore quelques années avant qu’elle ne commence à se développer en France.
1947
15 février : Inauguration par Wladimir Porché de la nouvelle chaîne « Paris Inter ». Le programme du Club d’Essai est intégré dans cette nouvelle chaîne qui utilise l’émetteur de Rueil Malmaison cédé par l’armée américaine depuis le 31 décembre 1946. Jean-Vincent Bréchignac, ancien directeur de Radio Alger, en prend la direction. Paris Inter, l’ancêtre de France Inter, diffuse essentiellement un programme musical de 6h30 à 24h.1947-InaugurationdeParis-Inter

Création de Radio Sorbonne.
Organisation provisoire de la radio et de la télévision :

4 réseaux complémentaires, Paris inter (France I), France II (régional), France III (culturel national), France IV (haute fidélité).

Juin : le Plan Monnet alloue la somme de 4 milliards pour la construction de 500 émetteurs et 1000 caméras.
5 juin : spectacle de variétés retransmis en direct du Théâtre des Champs-Élysées à Paris.

23 décembre: Invention du transistor

Juin : le Plan Monnet alloue la somme de 4 milliards pour la construction de 500 émetteurs et 1000 caméras.

5 juin : spectacle de variétés retransmis en direct du Théâtre des Champs-Élysées à Paris.
23 décembre: Invention du transistor

transistTrois ingénieurs américains des Laboratoires Bell font une découverte qui va révolutionner la radio à la fin des années 50 : John Bardeen, Walter Brattain et William Schockley inventent le transistor.Les récepteurs de radio seront désormais légers, petits, portables et alimentables par piles, ce qui modifiera en profondeur l’écoute de la radio. Grâce au transistor, le média passera d’une écoute collective et familiale à une écoute individuelle. La programmation des stations de radio en sera affectée à la fin des années 50 et devra tenir compte de ce nouveau mode d’écoute qui aura la faveur des jeunes. Le transistor donnera même son nom aux récepteurs de radio et il sera à l’origine du développement de l’informatique.

1948
14 mai : Le réalisateur du « Cabaret de la plume d’autruche » invitent Pierre Tchernia. C’est sa première participation à une émission de télévision.
25 juillet : 1ere arrivée du Tour de France en direct à la Télévision.
20 novembre :  François Mitterrand choisit le 819 lignes comme futur standard de la télévision française. L’Europe choisit la définition de 625 lignes sauf la France qui revendique une télévision de qualité et en haute définition, « l’image la meilleur du monde ». Les essais débutent le 15 novembre 1949. Le standard 441 lignes doit être maintenu jusqu’en 1958.
24 décembre : La première messe de minuit en direct de Notre-Dame de Paris à la télévision.1948_premiere_messe_TV_2_

Elle fut célébrée par le Cardinal SUHARD. Le commentateur était le Père PICHARD. Le réalisateur était Claude BARMA. La première image, à la demande du Père PICHARD, fut la Vierge du pilier.
1949
Charles Michelson obtient une option pour la concession de l’exploitation de la télé à Monté Carlo et fonde la S.A Monégasque « Images et Son ».

Le 4 février 1949, la Radiodiffusion française, RDF, devient la Radiodiffusion-télévision française,RTF, et la première speakerine, Jacqueline Joubert, recrutée par concours, apparaît sur les écrans. RTF Télévision diffuse ses programmes en journée de 13 h à 14 h et le soir à partir de 19 h.Logo-RTF

 

Le premier journal télévisé est diffusé le 29 juin sous la direction de Pierre Sabbagh qui est aussi son concepteur.image041 Sabbagh-en-regie-diffusion-du-journal-tele

La redevance audiovisuelle sur les récepteurs de télévision est instaurée par la loi du 30 juillet : 3000 anciens francs, 6000 dans les lieux publics.

À partir de la rentrée 1949, la télévision va s’offrir une série de grandes premières : le premier feuilleton destiné à un jeune public (les Découvertes de télévisius) en octobre, le journal télévisé quotidien le 2 octobre, puis biquotidien en novembre, les premières émissions religieuses du dimanche matin le 9 octobre, le 24 décembre, la messe de minuit retransmise en direct de Notre-Dame de Paris, la première émission enfantine avec le Club du jeudi  le 26 janvier 1950, la première pièce de théâtre diffusée à la télévision en direct de la Comédie-Française le 24 février avec Le Jeu de l’amour et du hasard réalisé par Claude Barma, et enfin la première retransmission du défilé militaire du 14 juillet en direct des Champs-Élysées.Jacqueline Joubert, speakerine à la télévision 1951

                                                                Jacqueline Joubert
Le 15 décembre 1949, Catherine Langeais devient la troisième speakerine de la télévision, recrutée pour présenter les nouvelles émissions en 819 lignes, tandis que celles en 441 lignes (prévues pour durer jusqu’en 1958) continuent d’être présentées par Jacqueline Joubert et Arlette Accart.TV_et_video_TV_GRAMMONT_178

Téléviseur 441 lignes Grammont de 1949

1950

10 avril  : mise en service de l’émetteur de télévision régionale à Lille. Télé-Lille, première télévision régionale française, émettant pendant environ deux heures en fin de journée, et dotée de son propre journal télévisé régional « Images du Nord ». Le journal national est acheminé chaque jour en train et diffusé sur la région le lendemain en différé. Télé-Lille arrose une grande partie de laBelgique de Gand à Tournai et compte alors cinq fois plus de téléspectateurs belges que français. Le minuscule studio, le télécinéma, la régie et les équipements d’émission sont installés au sommet du Beffroi de l’Hôtel de Ville. Au début des années 60, la RTF remplacera l’émetteur du Beffroi par un grand centre situé à Bouvigny, près de Lens (62) qui diffusera également vers le Sud, sur un autre canal, les émissions régionales d’Amiens,Télé-Picardie.

24 février : Première retransmission télévisée en direct du “Jeu de l’amour et du hasard” de Marivaux, téléfilmée depuis la Comédie-Française, à l’initiative de Claude Barma et diffusée sur la RTF, l’unique chaîne de télévision française.

25 avril: début officiel de la télévision française en 819 lignes.tele_lille_1950_studio-303654b

5 juin : première émission du premier jeu télé français : “Voulez-vous jouer avec nous” de Jean Thévenot.

14 juillet : le défilé du 14 juillet est retransmis en direct pour la première fois.

9 octobre : diffusion du premier épisode d’”Agence Nostradamus”, série télévisée française en 10 épisodes de 15 minutes, créée par Jean Luc et Pierre Dumayet, réalisée par Claude Barma et diffusée sur l’unique chaîne de la RTF. Cette série met en scène de petites enquêtes policières teintées d’astrologie. C’est la première série produite pour la télévision française.

31 décembre : 3 794 postes de télévisions sont en service en Franceimage043Combiné Radio/téléviseur 441 lignes Ducretet Thomson, TL06 de 1950 avec sa loupe remplie d’huile.
1951
2 mars : 1ere dramatique vidéo : « Pas d’accord pour Mister Blake »..
24 mai : loi autorisant la publicité collective dans les émissions de la RTF.
26 juin : 1ere émission publique de TV couleurs (CBS à New York).19410220-NBC-ColorTV

CBS présente son système de télévision couleur, le N.T.S.C. (National Television System Commitee) c’est-à-dire « Comité du système de télévision nationale ») qui est un standard de codage analogique de la vidéo en couleurs . Il est adapté aux formats vidéo 525 lignes et 30 images par seconde.

1952

Invention du Nagra, magnétophone à ressort.kudelski_nagra_ii-9854b

14 février : premier faisceau hertzien de télévision entre Lille et Paris, permettant à l’émetteur lillois de devenir le premier relais de l’émetteur parisien de la Tour Eiffel et de relayer le programme national de la RTF. Il continuera néanmoins à diffuser aussi des émissions régionales, notamment à destination de ses téléspectateurs flamands.

4 mai : la finale de la coupe de France de football (Nice – Bordeaux) est le premier match à être intégralement retransmis en direct.

27 juin : le gouvernement Sarrois transfère le monopole d’exploitation de la radiodiffusion à une société d’Etat, la société sarroise de radiodiffusion, en précisant dans les statuts que les associés ne pourraient être que la France (30%) et la Sarre (70%). Cette société accorde à son tour à une nouvelle compagnie, la société sarroise de télévision, filiale d’Image et Son, la concession pour 50 ans d’un émetteur TV et d’un émetteur radio de 400 kW en Sarre.

En juillet 1952, la première émission internationale de télévision est organisée par la RTF et la BBC, qui ont réussi à régler le problème de conversion des définitions (405 lignes en Grande-Bretagne, 441 et 819 lignes en France). Le 17 juillet 1952, alors que depuis 1949 l’émetteur 441 lignes se limitait à des films, des kinéscopes (émissions filmées) et des directs de plateau, les mêmes programmes peuvent désormais être vus simultanément par tous les téléspectateurs français grâce au « convertisseur de standard » (une caméra 441 lignes reprenant l’image d’un moniteur 819 lignes à tube cathodique spécifique), en particulier les grands directs sportifs. Mais ceci va surtout permettre la retransmission en direct de l’Abbaye de Westminster du couronnement de la souveraine britannique Elisabeth II, véritable déclencheur de l’engouement des Français pour la télévision.generique-vie-animaux_1eb1t_1b7afi

Août : “La Vie des animaux”, émission animalière créée par Frédéric Rossif et présentée par Claude Darget. Elle était considérée comme une émission d’une grande qualité.

Septembre : la RAI démarre ses premières émissions, il y a moins de 5000 récepteurs en service en Italie.

19 octobre : remise en service de l’émetteur d’Allouis (détruit par les allemands en 1944).

Introduction de la Modulation de fréquence à Paris.36 chandelles (1)

27 octobre : “36 chandelles”, émission de télévision, diffusée sur l’unique chaîne de télévision française de l’époque, enregistrée en public sur les plus grandes scènes parisiennes, suivie par d’innombrables Français pendant 135 émissions jusqu’en 1959 et animée par Jean Nohain qui crée l’émission en 1953 pour « faire oublier aux gens leurs soucis quotidiens avec du rire et des surprises ». Son émission permet à de jeunes talents d’éclore et de se faire connaître, comme Darry Cowl, Alain Delon, Jacques Courtois, Sim, Robert Hirsch.. . On peut y voir et y entendre des vedettes de l’époque comme Fernand Raynaud, Fernandel, Luis Mariano ou même de grands compositeurs comme Joseph Kosma ou Paul Misraki et des sportifs comme le boxeur Georges Carpentier.

Création de RTL TV Lorraine.

14 septembre : le service de la Radiodiffusion de la France d’Outre-mer est créé.

25 décembre : La Deutsches Fernsehen (télévision ouest-allemande) commence ses premières émissions expérimentales à Hambourg.images

1953

Diffusion de la nouvelle mire dite « Mire au cheval de Marly » ,représentée en son milieu par cette l’image de cette sculpture, bordée de diverses formes quadrillées et circulaires. C’est  la plus ancienne mire à quadrillages digne de ce nom utilisée par la R.T.F. et l’O.R.T.F.image044

1er mars : Débuts de la télévision en Suisse avec la naissance de TV DRS Schweizer Fernsehen qui diffuse une heure d’émission cinq soirs par semaine depuis le Studio Bellerive de Zurich. Les émissions régulières débuteront le 1er janvier 1958.PACK694355558

16 mars  “Lectures pour tous”, première émission littéraire de la télévision française proposée par Jean d’Arcy et créée et présentée par Pierre Dumayet, Pierre Desgraupes et Max-Pol Fouchet et diffusée sur la première chaîne jusqu’en 1968.

19 juillet : premier bulletin météo télévisé.premier-bulletin-meteo-19juill1953

2 juin : le couronnement de la Reine Elizabeth II d’Angleterre est retransmis par la RTF. Cet évènement entraîne l’achat massif de téléviseurs en France. En une année, le nombre de téléviseurs passe de 59 971 à 125 088.image045

Ce 2 juin 1953, tout Paris est devant les quelques écrans privés ou publics ou devant les vitrines des marchands de postes de télévision pour voir ici ce qui se passe au même moment à Londres. 

15 octobre : mise en service de l’émetteur régional de télévision de Strasbourg Lauth, à l’angle de la rue Lauth et de la place de Bordeaux (à l’emplacement actuel de France 3 Alsace). Télé Strasbourg diffuse ses premières émissions. La construction de cet émetteur provisoire a été accélérée pour éviter que les Alsaciens achètent des récepteurs allemands en 625 lignes incapables de capter par la suite la RTF en 819 lignes : à Strasbourg, le Couronnement de la Reine Elizabeth II le 2 juin 1953 avait été présenté au public par un commerçant captant le tout nouvel émetteur de Baden-Baden de la Télévision allemande. Par la suite, l’ORTF construira un émetteur plus puissant à Nordheim en 1964.

A la rentrée de 1954, des décrochages régionaux seront mis en place certains jours de la semaine (variables selon les régions), sur le réseau 819 lignes à Lille, Lyon, Marseille et Strasbourg avant le début du programme national.539683_410357109003622_283073920_n

1954

29 mars :  La première émission radiophonique en modulation de fréquence est diffusée à Paris  (le Programme spécial MF) . Ce système permet de multiplier le nombre de station sur les ondes hertziennes et améliore fortement la qualité sonore des émissions. L’utilisation de la bande FM demeure toutefois sous le monopole de l’État et les différentes gammes de fréquence couvrant le territoire dans sa totalité seront découvertes seulement quelques années plus tard. Un émetteur existait depuis 1948 rue de Grenelle, il fut remplacé en 1959 par un émetteur de 12 kW situé sur la Tour Eiffel.

20 septembre 1954 : inauguration de la station marseillaise de télévision de la RTF, Télé Marseille.

20 octobre : “La Séquence du spectateur”, émission de télévision française d’actualité cinématographique créée par Claude Mionnet et diffusée chaque dimanche sur la première chaîne jusqu’en 1989. Cette émission proposait des extraits et bandes-annonces de films, présentés en voix-off par Catherine Langeais.

31 octobre : Début des émissions régulières de la chaîne de télévision de l’Institut National de Radiodiffusion belge (INR) deux heures par jour, six jours sur sept. Cette chaîne deviendra la RTBF en 1960.

8 novembre 1954 : inauguration de la station régionale de Lyon, Télé Lyon.

24 décembre 1954 : création au Cap Matifou de la station régionale d’Alger, Télévision d’Algérie, qui à la suite de l’indépendance deviendra la Radiodiffusion-télévision algérienne (RTA), le 28 octobre1962 et abandonnera le 819 lignes français (norme E) au profit du 625 lignes européen (norme B « Gerber » ou « CCIR »).

Création de RTL TV Lorraine.

TlMatch_thumb2TéléMatch, premier jeu télévisé , créé par André Gillois, Pierre Bellemare etJacques Antoine et diffusé du 25 octobre 1954 au 8 juin 1961 sur l’unique chaîne de télévision de la RTF.Animé par Pierre Bellemare et Roger Couderc, il s’agit de l’un des premiers jeux télévisés de la télévision française. L’une de ses séquences, La Tête et les Jambes est devenue une émission à part entière à partir de 1960.

Raymond-Oliver-et-Catherine-Langeais

Première émission culinaire: Art et Magie de la Cuisine , présentée par Catherine Langeais et Raymond Oliver. Elle a été créée par le cuisinier Raymond Oliver, et diffusée chaque lundi pendant quatorze ans du 6 décembre 1954 à 1967 sur R.T.F. Télévision puis la première chaîne de l’O.R.T.F. Elle était réalisée par Hubert Knapp puis Gilbert Pineau, et présentée par Raymond Oliver en compagnie de la speakerine Catherine Langeais.L’émission, qui durait entre quinze et trente minutes, se déroulait dans une cuisine, sous la forme d’un dialogue complice pendant lequel le chef (Raymond Oliver), vêtu d’une blouse de cuisinier, préparait les plats devant « l’élève » (Catherine Langeais), représentant la ménagère qui veut améliorer l’ordinaire de sa cuisinepiste-aux-etoiles-1974

Première de la Piste aux Etoiles , émission de Gilles Margaritis , réalisée par Pierre Tchernia et présentée par Roger Lanzac, consacrée au cirque, enregistrée principalement au Cirque d’hiver de Paris et diffusée chaque mercredi soir sur la première chaîne de la RTF puis de l’La première chaîne l’ORTF du 11 janvier 1956 à décembre 1974, puis sur Antenne 2 de janvier 1975 jusqu’au 29 octobre 1978.

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Avril, la 1ère télévision couleur est commercialisée aux USA, le RCA CT100.
6 juin : L’ Eurovision est inaugurée : Elle est chargée de coordonner les échanges de programmes de radio et de télévision entre les pays membres. Son centre administratif est situé à Genève et son centre technique à Bruxelles. L’expression « Eurovision » lancée par un journaliste anglais ne tardera pas à s’imposer.  Ce jour-là, des téléspectateurs de l’Europe assistent à la Fête des narcisses et ses chars fleuris, à Montreux (Suisse).l-eurovision-une-reussite-pour-huit-pays-europeens1954-panneau-eurovision-

Panneau eurovision eurovision avec sigles des télévisions de 9 pays : SD, DFS, SSR, RAI, BBC, RTF, INR, NIR, NTS


13 juin : 1ere retransmission en direct des « 24 heures du Mans ».

14 septembre : le service de la Radiodiffusion de la France d’Outre-mer est créé.

1955

1er janvier : C’est sous le nom d’Europe numéro 1, que Charles Michelson et Louis Merlin lancent leur projet de radio « périphérique » basée dans la Sarre  ; à 6h30, 1re émission expérimentale d’Europe1 (sur 640 kHz). A 7h, il faut stopper, la fréquence étant celle des radiophares de l’Aéroport de Genève.la-station-privee-de-radiodiffusion-europe-n°1-se-met-a-emettreeurope1_1955-

2 janvier : Europe1 se relance sur 250kHz, mais la Finlande se plaint de brouillage. Europe1 passe sur 245 kHz, mais le Danemark proteste : c’est la fréquence de son émetteur de Kalundborg, puis la Norvège s’en mèle.

5 janvier : Europe1 doit suspendre ses émissions.

10 janvier : Europe1 passe à 238 kHz mais Radio Luxembourg (233kHz) est brouillée. Europe1 est accusé de contrevenir à la convention de Copenhague qui avait prévu que la Sarre ne pourrait pas disposer d’un émetteur ondes longues, Europe1 rétorque que Radio Luxembourg n’est pas elle même signataire de cette convention et qu’elle émet sur une longueur d’ondes qui lui a toujours été refusée.

19 janvier : Les émissions d’Europe1 cessent (sera interrompu pendant 3 mois, mais réapparaît selon les circonstances).

20 janvier : Société de radiodiffusion et de télévision de la France Outre-mer (Sofarom) est créée.

3 avril : Europe1 se fixe sur 180 kHz et diffuse ses premiers messages publicitaires.

Octobre : Mise en service de l’émetteur de télévision local de Lyon sur la tour de Fourvière, et de celui de Marseille sur le massif de l’Etoile, qui est reçu jusqu’à Avignon, Nîmes et Montpellier. Sur la Côte d’Azur, la RTF est devancée par la mise en service de la chaîne monégasque Télé Monte-Carlo, également en 819 lignes et captée jusque dans les quartiers hauts de Marseille et dans le nord de la Corse.TMC_1954

13 novembre : Après quelques tests préalables effectués par le Club d’Essai de la RTF, la première émission du « Masque et la plume » est diffusée sur les ondes. Produite et présentée par Michel Polac et François-Régis Bastide, elle dure 1h45 et propose un magazine culturel porté principalement sur le théâtre et la littérature. Elle met ainsi en scène plusieurs critiques de renom et un public qui peut intervenir dans les débats. Le succès de l’émission est immédiat et cette dernière sera dès lors émise sur France Inter.
1956

Dans la nuit du 2 au 3 janvier, l’émetteur 441 lignes de la tour Eiffel est endommagé par un incendie (ce n’est que le câble reliant l’émetteur à l’antenne qui brûle). L’état en profite pour arrêter définitivement ce standard et propose une aide financière pour l’achat d’un poste 819 lignes. Au début de cette année, il ne restait plus que 5000 téléviseurs en 441 lignes.Léon Zitrone en situation 1956                                     Léon Zitrone sur le toit de « Cognacq-Jay » en 1956

De puissants émetteurs régionaux sont mis en service à Mulhouse (Belvédère), Bourges (Neuvy Deux Clochers), Caen (Mont Pinçon), Metz (Luttange), Cannes (pic de l’Ours) pour contrer la concurrence de la Télévision allemande et de la Télévision suisse, de Télé-Luxembourg, de Télé Monte-Carlo et même de la BBC de Jersey. S’y ajoutent les émetteurs de Rouen (Grand-Couronne) et de Toulon (cap Sicié). Le 24 décembre 1956, l’émetteur 819 lignes d’Alger(cap Matifou) est inauguré. Une astuce technique permet la diffusion simultanée du son en deux langues (français et arabe) pour certaines de ses émissions. Celles-ci sont entièrement réalisées sur place, aucun relais n’étant possible avec la métropole.mire-nicoise2

30 mars : la RTF présente son système couleur, le S.E.C.A.M. (SÉquentiel Couleur A Mémoire) mis au point par Henri de France.628x471

30 novembre : CBS diffuse ses premières images sur magnétoscope.

31 décembre: un million de postes de télévision sont en service en France.

1957

Par manque de crédits, la RTF doit se contenter de relais locaux de faible puissance à Rennes, Nantes, Limoges, Amiens, Carcassonne, Ajaccio… Les émetteurs de Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme) et de Toulouse (pic du Midi) permettent de couvrir de vastes zones de l’Auvergne et du Morvan, et de l’Aquitaine entre Toulouse et Bordeaux.estramar 1951 photo14 grand

16 juin : Premières images en direct du fond de la mer avec le commandant Cousteau.

4 Octobre : les russes lancèrent pour la première fois un satellite artificiel baptisé « Spoutnik » qui émettait des « bip-bip » captés par de nombreux radioamateurs tout autour de la planète.
1958

1 janvier :  Première des « Cinq dernières minutes » de Claude Loursais.

La diffusion de la première émission intitulée La clé de l’énigme eut lieu le mercredi 1er janvier 1958 à 20 h 15 précises. Elle était entièrement réalisée en direct par Claude Loursais. Les deux candidats amateurs chargés de trouver la solution étaient placés au début de l’émission dans des cabines séparées, devant des moniteurs, afin de suivre, comme le téléspectateur, le déroulement de l’enquête.Bourrel0001

L’émission durait 40 minutes ; cinq minutes avant la fin, l’inspecteur allait rejoindre les deux candidats et leur proposait de faire repasser trois séquences qui pouvaient leur permettre de trouver l’indice qui trahissait l’assassin. C’est à l’occasion du sixième épisode que les cinq dernières minutes sortirent des studios et que furent insérées des séquences filmées. L’alternance du direct et du film permit d’allonger l’émission de 40 à 90 minutes. L’intervention de scènes vidéo poussa ainsi le réalisateur Claude Loursais à éliminer à leur tour les candidats et l’émission devint une dramatique à part entière où, à la fin, Souplex/Bourrel, après son fameux « Bon Dieu, mais c’est bien sûr », se contentait de pointer le doigt vers le téléspectateur en lui disant qu’il avait sûrement découvert l’indice que lui-même venait de découvrir : « rappelez-vous »…ajoutait-il… et l’on revoyait les scènes révélatrices.

Par manque de crédits, la RTF doit se contenter de relais locaux de faible puissance à Rennes, Nantes, Limoges, Amiens, Carcassonne, Ajaccio… Les émetteurs de Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme) et de Toulouse (pic du Midi) permettent de couvrir de vastes zones de l’Auvergne et du Morvan, et de l’Aquitaine entre Toulouse et Bordeaux.m_167596015_0

13 juin : Premiére allocution télévisée du Général de Gaulle

Avril : Henri Kubnik crée le « Jeu des 1000 francs », diffusé sur RTF tandis que Pierre Duflos en assure la réalisation. Itinérant, le jeux consiste à interroger un spectateur sur des questions d’actualité ou culturel. Si le candidat ne commet aucune erreur, il remporte la somme de 1000 francs. Diffusé ensuite sur France Inter, le jeu sera rebaptisé le « Jeu des mille euros » en 2001.

1959
4 février : La RTF devient établissement public l’Etat à caractère industriel et commercial, doté d’un budget autonome, placé sous l’autorité du ministre chargé de l’information.

La Sofirad rachète 35,76% d’Europe 1 pour 13 millions de F.

9 Janvier : Première grande émission d’information : Cinq Colonnes à la Unepremiere-de-cinq-colonnes-a-la-une5colonnesalaune-

5 colonnes à la une  inaugure la naissance du grand reportage télévisé ; le premier numéro est lancé le 9 janvier 1959 sur la RTF. Produite par Pierre LazareffPierre DesgraupesPierre Dumayet (surnommés les « 3 P ») et réalisée par Igor Barrère, l’émission est emblématique de la présidence du général de Gaulle puisqu’elle l’accompagne jusqu’en 3 mai 1968, presque au terme de son pouvoir. Le magazine se compose d’un assemblage d’une douzaine de reportages en moyenne, d’une durée de 90 minutes à  20 heures 30. Très attendue et très remarquée, l’émission s’articule sur une succession de séquences, où le rythme est rapide et où l’attention ne doit pas faiblir. Cette émission repose avant tout sur  » la présence du reporter sur le terrain qu’il met en scène à l’écran » . La grande diversité des thèmes abordés, l’alternance de séquences graves et de séquences plus légères confèrent à l’émission un ton particulier.

18 janvier : Nouvelle émission de divertissement créée par Raymond Marcillac : Télé Dimanche.marcillac

Télé Dimanche était une émission de télévision française sur les divertissements, composée de variétés et  de sports créée par Raymond Marcillac du 18 janvier 1959 au 2 juillet 1972 et diffusée sur la première chaîne de la RTF.  Noëlle Noblecourt, qui présenta l’émission, fut officiellement licenciée en 1964 pour avoir montré ses genoux à l’écran… L’émission fut ensuite animée par Guy Lux et Roger Lanzac. Ce dernier fut évincé de l’émission en 1968. Une page très célèbre de cette émission était consacrée au « jeu de la chance », transposition des fameux radio-crochets, où de nombreux talents firent leurs débuts, notamment à la disparition d’Édith Piaf : Georgette Lemaire, Mireille Mathieu ou, dans d’autre registres, Thierry Le Luron .

Février :  Denise Glaser présente Discorama.Denise Glaser

Discorama était une émission de télévision musicale et culturelle française créée et présentée par Denise Glaser, diffusée chaque dimanche à 12h30 jusqu’au 5 janvier 1975 sur la première chaîne de la RTF puis de l’ORTF . Discorama était un rendez-vous consacré à l’actualité de la chanson, du disque, du théâtre et du cinéma où alternaient chansons et interviews menées de main de maître par Denise Glaser qui savait manier le silence mieux que personne et parvenait à faire se dévoiler autrement tous les artistes, y compris les plus réservés, sachant que la meilleure façon de faire parler quelqu’un est de l’écouter et de se taire. Discorama s’intéressait autant aux grandes vedettes qu’aux débutants, que Denise Glaser découvrait souvent au hasard d’un concert, puis qu’elle invitait. Elle a ainsi considérablement aidé Barbara, Catherine Lara, Maxime Le Forestier, Michel Sardou, Nana Mouskouri et reçu les plus grandes stars comme Jeanne Moreau, Serge Gainsbourg, Claude François4, Brigitte Fontaine, Jacques Higelin, Véronique Sanson,Michel Polnareff, Johnny Hallyday, Charles Trenet, Jacques Brel, Yves Simon, Georges Moustaki ou encore Léo Ferré. L’indicatif musical du générique de l’émission reprend la chanson J’ai du bon tabac.

La RTF offre une nouvelle pendule à ses téléspectateurspendule_couleur

Le 25 décembre 1959, RTF Télévision s’offre pour Noël une horloge futuriste, à l’image de son nouveau logo, afin de fêter l’approche du 1500000e téléspectateur. Cette horloge, d’un graphisme extrêmement clair et s’inscrivant parfaitement dans la forme de l’écran de la télévision, est conçue par Christian Houriez pour ouvrir et ponctuer les programmes. Notez que pour éviter de « marquer » les tubes cathodiques, la caméra se déplaçait légérement en cercle…

1960

Naissance de la première radio pirate aux larges de la Hollande, à bord du bateau Véronica « Radio Veronica ».
Début de l’émission de Pierre Bonte, tous les matins sur Europe1 : « Bonjour Monsieur le Maire » (jusqu’en 1984).

« SLC- Salut les copains » émission sur Europe1 présenté par Daniel Filipacchi ( jusqu’en 1968).salut-copains-L-2

Salut les copains était une émission de variétés (pop music), lancée le 19 octobre 1959 sur Europe 1 par Frank Ténot et Daniel Filipacchi (inventée par Jean Frydman1), qui était diffusée du lundi au vendredi entre 17 h et 19 h. Un sondage indique que 40 % des 12-15 ans écoutaient cette émission.Le titre de l’émission est emprunté à une chanson de Gilbert Bécaud de 1957, dont le texte est signé par Pierre Delanoë à l’époque directeur des programmes d’Europe n°1 avec Lucien Morisse3. D’abord hebdomadaire, elle devient rapidement quotidienne. L’émission gagna un vaste public, en partie par sa conception très structurée qui lui assura une audience plus fidèle que si elle n’avait été qu’une simple succession de chansons dans le désordre. La pub était assurée par Vonny qui, par la suite, a été chargée de courts billets dans l’émission.

L’achèvement du réseau national de télévision s’opère avec les centres régionaux de Nantes (Haute-Goulaine), Le Mans (Mayet), Brest (Roc Trédudon), Vannes (Moustoir’Ac Niort (Maisonnay),Troyes (Les Riceys), Bastia (Serra di Pigno), Besançon (Lomont, Gex (Mont-Rond) Strasbourg (Nordheim) et l’augmentation de puissance des émetteurs de Carcassonne (Pic de Nore), Ajaccio(Coti Chiavari) et du Pic du Midipetittrainrebus

Création du « petit train Interlude » :  Nous sommes en 1960, à l’époque de la RTF. Les problèmes techniques de diffusion et les « trous » entre les émissions sont légion. Afin d’animer un peu tous ces temps morts, la chaîne confie à Maurice Brunot la création d’un interlude, « le petit train rébus ». Ce petit train va ainsi parcourir la campagne verdoyante jusqu’en 1963, sur un thème musical plein de légèreté (« Endlessly ») signé Clyde Otiset et Brook Benton et interprété par Marc Taynor et son orchestre. Le principe de cet interlude est tout simple, il s’agit comme son nom l’indique, du système du rébus. Le train défile et sur les wagons se succédent dessins et lettres composant le rébus (il faut découvrir un proverbe, un titre, etc…). Arrivé en gare, la solution est donnée. En 1963, « le petit train rébus » est remplacé par le « petit train de la mémoire » où il s’agit de reconstituer un dessin à partir des morceaux distillés sur les wagons. A partir de 1974, il n’y aura plus de petits trains….

 

La FM arrive à Lille. Le Programme national et Paris Inter rejoignèrent par la suite le premier programme.  » Baptême RTF 64 « , un concours organisé à l’occasion de l’ouverture de la Maison de la Radio en 1963, rebaptise ces trois stations d’Etat : France Musique succède au Programme spécial (devenu entre temps France IV-Haute Fidélité et RTF Haute Fidélité), France Culture remplace le Programme national (France III-National puis RTF Promotion) et Paris Inter (France I-Paris Inter puis RTF Inter), est rebaptisée France Inter.

1961

Le 26 mars 1961, le carré blanc apparaît en bas de l’écran de télévision pour la diffusion du film Riz amer, signalant un programme jugé inapproprié pour le jeune public.

La décision est prise le 26 mars 1961 : on marquera les émissions « dangereuses » d’un carré blanc, placé en bas et à droite de l’écran, tout en jouant sur les horaires. En outre, on passera ces émissions à des heures tardives, et on évitera les horaires pendant lesquels les enfants sont à la maison, c’est-à -dire les heures de la journée jusqu’à 20 heures, le samedi soir et le jeudi après-midi étant toujours « tous publics », le dimanche soir, veille de la reprise de l’école, étant dès lors considéré comme un jour de semaine. Seules les émissions de soirée seront donc susceptibles de comporter un carré blanc. « Resteront aux parents deux solutions : fermer le poste de télé à clef ou se faire obéir »

30 mai : première diffusion de  « Âge tendre et tête de bois », une émission de télévision de variétés pour la jeunesse animée par Albert Raisner, enregistrée au Club Pierre Charron ou au Boowling du Bois de Boulogne diffusée du 30 mai 1961 jusqu’en 1965 sur la RTF puis sur la première chaîne ORTF.Son nom, inspiré par le titre d’une chanson de Pierre Delanoë et Gilbert Bécaud, est en partie repris à l’époque par le magazine mensuel Âge Tendre. L’émission se poursuit de 1965 à juillet 1968 sous le nom de « Tête de bois et tendres années ».albert-raisner_312319

Juillet: Première retransmission d’une course de Formule 1.
1962

10 Juillet à 8h35 (GMT) le satellite Telstar fut lancé depuis Cap Canaveral. C’est une boule d’aluminium de 87 cm de diamètre et de 77 kg avec soixante-douze facettes. Sur soixante facettes sont montées les cellules solaires pour l’alimentation électrique dont la puissance atteint seulement 15 watts. Il tourne sur lui-même à une vitesse de 180 tours à la minute.

11 juillet à 23h47 GMT apparaît la mire américaine, celle de « l’indien » bien connue à l’époque. Immédiatement c’est la joie des deux côtés de l’Atlantique : les techniciens bondissent devant les pupitres et certains ont une larme à l’oeil. Puis apparaît une image de studio, celle où l’on voit l’interview des responsables du projet Telstar, Fred Kappel d’ATT et le Dr Fisk de Bell Labs. Sept minutes plus tard la fenêtre se ferme et le satellite est éteint.mire indien 1939

Cette première est enregistrée sur bande magnétique Ampex à Pleumeur-Bodou. Les images reçues étaient transmises en modulation de fréquence, en noir et blanc au standard 525 lignes 60 Hz avec une bande passante de 3 MHz, le son étant sur la sous-porteuse 4,5 MHz. Comme à l’époque il n’y avait pas de faisceau hertzien entre la station bretonne et les studios de la rue Cognacq-Jay à Paris, où se trouvaient les studios de la RTF, il fallu transporter la « bande historique » par la route. Elle fut diffusée le 11 Juillet dans la journée sur les antennes de la télévision française : la Mondiovision était née !

C’est la naissance de la Mondiovision avec cette première retransmission en direct via Telstar 1 depuis Andover (USA) reçue en France, au centre de télécommunication spatiale de Pleumeur-Bodou en Bretagne.

17 Juillet : création de l’émission « Intervilles » par Guy Lux et Pierre Brive.3103039823_1_3_4Uub5g8f

L’émission est présentée par deux des plus célèbres hommes de télévision de l’époque, Guy Lux, le présentateur emblématique du Palmarès des chansons, et Léon Zitrone, le grand spécialiste du commentaire des cérémonies prestigieuses, comme le couronnement d’Élisabeth II. Chacun des deux présentateurs est situé dans une des deux villes candidates et est chargé de la défendre. Ils mettent toute leur ardeur à cette tâche, y compris en feignant la mauvaise foi manifeste, ce qui soulève l’enthousiasme des spectateurs et téléspectateurs. La première finale est disputée en 1962 entre les villes de Dax (Landes) et de Saint-Amand-les-Eaux (Nord). Simone Garnier, la fidèle complice de Guy Lux, est chargée du rôle d’arbitre.

1963

Face à la fréquence des grèves au sein de l’établissement public et à des enquêtes d’opinion menées auprès des téléspectateurs, le gouvernement et la direction de la RTF décident de procéder à une série de réformes dès 1963. La première d’entre elles concernant la télévision a lieu en avril 1963 avec les Actualités télévisées dans lesquelles la priorité absolue est donnée à l’image par rapport aux commentaires du présentateur, de manière à laisser le téléspectateur juge de l’événement. La seconde réforme consacre la décentralisation des émissions de télévision par la multiplication des journaux télévisés régionaux diffusés chaque soir en décrochage du programme national et produits par les Centres d’Actualités Télévisés (CAT) implantés dans chacune des grandes régions économiques. La dernière réforme est l’institution à la télévision d’un programme minimum en cas de grève.

12 octobre : premières expériences vidéo en France avec Les Raisins verts de Jean-Christophe Averty.LES RAISINS VERTS2

Les Raisins verts est une émission télévisée de variétés qui marqua les années 1960 tant sur le plan de sa réalisation technique (usage généralisé du trucage et des incrustations vidéo, absence de présentateur, inhabituelle à l’époque…) que par la polémique qu’elle déclencha quelque temps. Cette série remporta une année le titre de meilleure émission de variétés étrangères aux États-Unis. Jean-Christophe Averty fit converger pour créer son émission trois éléments propres à cette période :

  • Le développement de l’électronique, qui permettait alors de réaliser des effets spéciaux électroniques extrêmement élaborés (image dans l’image, incrustation de décors et collage électronique, notamment)
  • Un besoin de changement de style, les émissions de télévision avec présentateur s’émancipant difficilement du légendaire 36 chandelles deJean Nohain, qui restait la référence du genre.
  • Un renouveau de l’humour noir, qui était matérialisé par le mensuel Hara-Kiri

L’idée fut donc d’enchaîner des chansons et des sketchs par de courtes séquences animées électroniques. Pour donner un ton à la série, une séquence récurrente (notion de running gag) revient régulièrement : celle du bébé en celluloïd passé au hachoir (que les journaux de l’époque nommèrent curieusement « moulinette »).

8 décembre : Quelques jours avant l’inauguration de la maison de la radio, ce 8 décembre 1963, plusieurs stations de radio sont débaptisées. Ainsi, RTF Inter devient « France Inter », RTF Promotion devient « France Culture » et RTF Haute Fidélité est baptisée « France Musique ».blog-maison-radio-ortf-502

Toutes ces stations, ainsi que des studios de télévision, sont installées dans la Maison de Radio France. Ce bâtiment circulaire, dont la tour centrale mesure près de 68 mètres de hauteur, occupe plus de deux hectares et abrite 25.000 m² de locaux, dont 64 studios et 5 kilomètres de couloirs. Environ 3 000 personnes travaillent dans ce bâtiment, dont le chauffage est assuré par une source d’eau à 27° puisée à 550 mètres de profondeur. La tour centrale, haute de 23 étages abrite les archives. D’un point de vue architectural, la Maison de la Radio s’inscrit comme un bâtiment avant-gardiste notamment par la taille de ses baies vitrées de 6 et 11 mètres de hauteur, avec raidisseurs de verre. La grande couronne extérieure, couverte de 9 800 panneaux d’aluminium et d’une circonférence de 540 mètres, abrite près d’un millier de bureaux et les petits studios d’enregistrement. La couronne intermédiaire comprend les studio 102, 103, 105,106 et la salle Olivier Messiaen. La petite couronne contient des installations techniques, les régies et le centre de diffusion, mais aussi une bibliothèque musicale et dramatique.

21 décembre : émission expérimentale de la deuxième chaîne, uniquement sur Paris en bande V UHF à partir de la tour hertzienne des Buttes-Chaumont

1964

En 1964, il est décidé de réformer la RTF afin de lui donner de nouveaux statuts et une plus grande autonomie. La loi du 27 juin 1964 transforme la Radiodiffusion-télévision française en Office de Radiodiffusion-télévision française (ORTF).ORTF1.svg

La loi du 27 juin 1964 a donné naissance à l’Office de Radiodiffusion Télévision Française (ORTF) placé sous la tutelle du Ministre de l’Information. À partir de 1969, la tutelle sera exercée par le Premier Ministre. Puis, la loi du 3 juillet 1972 relative au statut de l’ORTF permettra de créer un poste de Président-directeur général nommé par le gouvernement.

L’ORTF, centre de production de radio et de télévision, conservera ses chaînes de radios existantes (France Inter, France Culture, France Musique et Inter Variétés) et ses deux chaînes de télévision.  L’ORTF donnera naissance à Radio France, l’INA, TDF et aux chaînes de ce qui deviendra France Télévisions !

 

Le futur sigle de la nouvelle télévision française FR3, le 19 décembre 1974. Le logo de l&#039;ORTF, le général interviewé en 1965 et lors du Festival de Cannes de 1967. - Archives AFP - © AFP
Le futur sigle de la nouvelle télévision française FR3, le 19 décembre 1974. Le logo de l’ORTF, le général interviewé en 1965 et lors du Festival de Cannes de 1967. – Archives AFP –

De 1964 à 1974, sur seulement deux puis trois chaînes, on découvre des pionniers d’une nouvelle donne de l’information, des Michel Drucker pour qui révolutionner les programmes de variétés et de divertissement, des émissions culturelles et sportives qui feront date.D’abord en noir et blanc, puis en couleur à partir de 1967, on écrit les bases de la télévision d’aujourd’hui.
Les vedettes comme on dit, sont alors : Jacques Chancel, Léon Zitrone, Guy Lux, Danièle Gilbert, Nounours ou Pierre Tchernia.

L’ORTF est alors un centre de production de radio et de télévision. Des radios issues de cette création sont encore d’actualité aujourd’hui :

  • France Inter
  • France Culture
  • France Musique.
  • La première chaîne de l’ORTF est alors une chaîne de télévision généraliste nationale. Suivra une 2e qui le 1er octobre 1967 passera à la couleur.

Le 31 décembre 1972, la société nationale française de programmes de télévision lance la « troisième chaîne » française. Elle n’est alors reçue que par un quart de la population à ses débuts. La chaîne deviendra FR3 le 1er janvier 1975 après la dissolution de l’ORTF.
Le démantèlement de l’ORTF est en effet promulgué par la loi du 7 août 1974. Ce texte met fin à l’Office et instaure sept unités indépendantes sans instance de coordination :

  • Télévision Française 1 (TF1)
  • Antenne 2
  • France Région 3 (FR3)
  • Télé Diffusion Française (TDF)
  • Société Française de Production (SFP)
  • L’Institut National de l’Audiovisuel (INA)
  • Radio France.

Le 27 juin 1964 naissait l'ORTF

Avec France Inter Paris (FIP), diffusé sur ondes moyennes, une conception nouvelle de radio de service voit le jour. Créée le 5 janvier 1971, FIP 514, destinée aux auditeurs de la Région parisienne, se positionne comme une radio de détente, de service et d’accompagnement. Avec 57 minutes de musique par heure, FIP, ruban musical, limite les commentaires aux informations pratiques et aux grands titres de l’actualité.
 En 1971, les stations à vocation régionale comptent trente centres de production et d’exploitation. Les programmes régionaux constituent des « décrochages », suppléments aux programmes nationaux.

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18 avril : inauguration de la deuxième chaîne en noir et blanc en 625 lignes UHF, afin de faciliter les échanges avec les autres pays européens qui utilisent presque tous cette définition. La diffusion d’un programme quotidien, complémentaire de celui de la première chaîne offre aux téléspectateurs la possibilité d’effectuer un choix de programmes entre les deux chaînes.  L’ancienne chaîne unique prend le nom usuel de Première Chaîne mais le sigle ne change pas, tandis que la seconde, également appelée deuxième chaîne de la RTF ou RTF Télévision 2, incite les téléspectateurs à s’équiper en récepteurs et antennes compatibles le nouveau standard européen 625 lignes norme L.

Les antennes au sommet de la Tour Eiffel ont été modifiées, portant la hauteur totale de l’édifice à 324 mètres.

Radio Caroline, émettant depuis un bateau, trouble le monopole des radios des autorités anglaises. D’autres radios ont essaimé en Europe comme Radio Véronica (Pays-Bas, 1960) Radio Alice à Bologne (Italie, 1976).Opi-Piratensender2-DW-Kultur-Frinton

30 Avril : première diffusion de la « Caméra Invisible »  créée par Jacques Rouland et Pierre Bellemare , réalisée par Igor Barrère et diffusée sur la deuxième chaîne de la RTF puis de l’ORTF à partir du 30 avril 1964. Le principe, inspiré de l’émission américaine Candid Camera créée dans les années 1940, est celui d’une caméra cachée, filmant à leur insu les gens de la rue devant une situation insolite afin de découvrir s’ils sont réellement observateurs. L’émission fut animée par Pierre Bellemare, Jacques Rouland, Jean Poiret, Pierre Tchernia et Jean-Paul Blondeau. Jacques Legras en était un des acteurs principaux. Chaque semaine, il réussissait à piéger des anonymes dans des canulars en sachant que malgré sa moustache identifiable personne ne le reconnaissait. Elle est remplacée au début des années 1970 par La Caméra cachée.

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1965

Début de l’émission Le Palmarès des chansons, une émission de variétés de Jacques Antoine, Jacques Solness et Jacqueline Duforest, présentée par Guy Luxet Anne-Marie Peysson, qui était diffusée chaque semaine de 1965 à 1968 sur la première chaine de la télévision française. Au cours de cette émission les télépectateurs pouvaient voter pour des chansons à succès, qui étaient interprétées en direct par de jeunes artistes inconnus du grand public. La réalisation était de Roger Pradines. Les chanteurs étaient accompagnés par un orchestre sous la direction de Raymond Lefèvre, qui a également composé le générique de l’émission.

19 septembre: première diffusion du Mot le plus long

26 septembre : diffusion du premier épisode de Belle et Sébastien sur la première chaine

11 décembre 1965 : diffusion du premier épisode des Saintes chéries sur la première chaine.photo-degaulle-tele-f

1ere campagne présidentielle télévisée :  Charles de Gaulle renonça d’abord à utiliser son temps de parole de campagne à la télévision, avant d’y recourir le 30 novembre et le 3 décembre, face à la baisse des intentions de vote en sa faveur (il était initialement donné largement élu dès le premier tour). Ces prestations n’empêchèrent cependant pas sa mise en ballottage et la tenue d’un second tour. Dans l’entre-deux-tours, il fut alors interrogé par Michel Droit, au cours d’entretiens durant lesquels il usa de son talent oratoire, et surprit le public par sa décontraction et sa liberté de ton.

Création de Radio Antilles par Jacques Trémoulet à Montserrat.

RMC émet en Ondes Longues (Grandes Ondes) : Radio Monte-Carlo qui dispose d’une zone d’écoute diurne limitée aux Alpes-Maritimes, au Var et aux Alpes-de-Haute-Provence ainsi qu’à une partie des Bouches-du-Rhône, entre dans le monde des grandes radios en inaugurant en 1965 son premier centre émetteur grandes ondes situé à 1 000 mètres d’altitude à quelques kilomètres de Monaco, sur le territoire de la commune de Peille (Alpes-Maritimes), l’émetteur de la Madone qui, avec une puissance de 1 200 kW, permet d’élargir sa zone d’écoute au sud d’une ligne Valence-Bordeaux. La station ouvre des studios à Paris au 8, rue Magellan et des bureaux régionaux à Marseille, Montpellier et Bordeaux.

1966
2 juillet : Loi instituant au profit des auditeurs et téléspectateurs un droit à l’antenne et des garanties concernant la liberté et la qualité de réception.

1967mire aux roses
1er octobre à 14h15, la télévision en couleurs fait ses débuts officiels en France. Le premier reportage diffusé pour cette inauguration est réalisé par Alexandre Tarta et commenté par Pierre Tchernia : il montre un largage de parachutistes. Le procédé SECAM (SéquentielCouleur A Mémoire) dû à l’inventeur Henri de France fut présenté officiellement en 1959. Aux Etats-Unis, les premières émissions de télévision couleur sont diffusées depuis 1954. En Europe, c’est l’Allemagne de l’ouest qui a ouvert la voie à partir du mois d’août. Lorsque la couleur est mise en service en France, seuls 1 500 téléviseurs couleurs sont en service.

A  suivre…………..

 

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13 septembre 201613 septembre 2016
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