Tôt ce lundi 2 février au matin, une fusée a lancé en orbite deux satellites de communication tout à fait communs. Pour autant, ce lancement représente un pas historique dans l’histoire de la mise en orbite de satellites. 20 Minutes vous explique pourquoi.

En quoi le décollage de ce lundi est-il historique?
Construits par Boeing, les deux satellites sont très classiques, à une grosse exception près: leur système de propulsion, 100% électrique, ce qui est totalement inédit. Il se distingue de la propulsion chimique, qui fonctionne grâce à du carburant traditionnel.
Ah bon, les satellites ont du carburant?
Un satellite ne se contente pas de flotter bêtement en orbite. Largué dans l’espace par sa fusée, il doit ensuite grimper tout seul jusqu’à une altitude de 36.000km –c’est ce qu’on appelle la mise en poste. Tout au long de sa vie, il devra se maintenir à cette altitude. Enfin, avant de mourir, il effectue une dernière propulsion en hauteur pour rejoindre le cimetière des satellites, où il ne risquera pas d’entrer en collision avec ses confrères toujours actifs. Et pour tout ça, il faut du carburant.Quel est l’intérêt de passer au tout électrique?
Le problème du carburant traditionnel, c’est qu’il est lourd. Très lourd: il représente plus de la moitié du poids d’un satellite au moment du décollage. Avec la propulsion électrique, on peut diviser ce poids par deux. Orcomme l’indique le Cnes, «en dessous d’un certain seuil, chaque kilo en moins peut représenter une économie de 20.000 euros». C’est ce qui a séduit les deux opérateurs, ABS et Eutelsat, ayant envoyé leur satellite ce lundi. Chez ce dernier, on confirme qu’«un satellite plus léger, c’est un coût de lancement plus avantageux, vu qu’une partie du prix est déterminée par le poids du satellite à lancer»


Et les défauts?
Après son largage dans l’espace, un satellite traditionnel met quelques jours avant de pouvoir s’activer. Avec la propulsion électrique, plus molle, il met huit mois. «Le temps de mise en poste est plus long, mais on est une industrie qui fonctionne sur des temps très longs, nuance-t-on chez Eutelsat. Il suffit d’anticiper ce délai.» L’opérateur, qui va envoyer sept satellites dans les prochaines années dont cinq en 2015, mise d’ailleurs sur la propulsion électrique pour trois d’entre eux. Le dernier, construit par Airbus et lancé en 2017, ne mettra plus que quatre mois à se mettre en poste.

Que nous réserve la propulsion électrique à l’avenir?
Elle est amenée à se populariser. Le chef du service propulsion au Cnes Nicolas Arcis estime que «la part des satellites à propulsion électrique va croître dans les dix, vingt, trente prochaines années» jusqu’à «représenter la totalité du marché». Et ils ne vont pas servir qu’aux satellites terrestres. Pour les missions d’exploration lointaine, la propulsion électrique a le gros avantage d’être beaucoup plus endurante. Son seul problème, là encore, c’est qu’elle est aussi plus faible: les appareils à propulsion électrique seront trop mollassons pour s’arracher à la gravité d’une planète. La sonde BepiColombo, qui décollera en 2016 direction Mercure, aura ainsi une propulsion hybride: électrique pour le voyage, chimique pour son départ de la Terre et l’insertion en orbite autour de Mercure.Comme pour les voitures, le tout électrique n’est donc pas pour demain chez les satellites. Mais avec le lancement , il vient de franchir une étape importante.

 

Les premiers satellites tout électriques ont été lancés
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13 septembre 201613 septembre 2016
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