Le Cinquième réseau : une histoire mouvementée !

1985, à un peu plus d’un an des élections législatives, le Parti socialiste souhaite alors créer un espace nouveau, hors du domaine institutionnel de la télévision publique, susceptible de toucher un large public et de constituer un relais d’opinion à ses idées s’il venait à retourner dans l’opposition.

Le 20 novembre 1985, le gouvernement accorde une concession de service public de 18 ans à la société France 5 pour l’exploitation du cinquième réseau hertzien de télévision à diffusion nationale à Jérôme Seydoux et Silvio Berlusconi. Le 2 février 1987, le décret no 87-50 résilie le contrat de concession de la cinquième chaîne et ouvre par la même occasion l’appel à candidature pour la ré-attribution du réseau.

Le 23 février 1987, la CNCL attribue pour dix ans la concession de service public sur le cinquième réseau hertzien national à la société d’exploitation de La Cinq. Robert Hersant entre alors au capital de La Cinq en tant qu’opérateur principal de la chaîne .

Le 23 octobre 1990, le Conseil supérieur de l’audiovisuel accorde la Cinq à Hachette qui promet de « sauver La Cinq ».

Sous le poids des dettes accumulées depuis 1987 causées par l’échec d’une grande partie des programmes créés, Robert Hersant reproche à Berlusconi de vendre ses fictions américaines trop cher. Ce dernier désapprouve la trop grande place qu’Hersant accorde à l’information, la jugeant coûteuse et non rentable. Hersant, après une bataille judiciaire se rend compte que le poids des dettes de la Cinq menace d’écraser son groupe de presse ; il cède alors sa part dans La Cinq au groupe Hachette alors dirigé par Jean-Luc Lagardère, candidat malheureux au rachat de TF1 en 1987 et qui rêve d’acquérir une chaîne de télévision nationale. À la faveur d’une augmentation de capital, Hachette augmente sa participation dans la Cinq de 22 à 25 % tandis qu’Hersant la réduit de 25 à 10 %. Le 23 octobre 1990, le Conseil supérieur de l’audiovisuel accorde la chaîne à Hachette qui promet de « sauver La Cinq ».

L’année 1991 commence avec la Guerre du Golfe permettant aux journaux télévisés d’atteindre plus de 9 % de parts de marché.

Hachette va tout changer en commençant par l’identité de la chaîne. Jean-Luc Lagardère donne carte blanche à son directeur des programmes, Pascal Josèphe, qu’il vient de débaucher d’Antenne 2, pour lancer de nouvelles émissions concoctées par Hachette et qui doivent faire de la Cinq une grande chaîne familiale généraliste capable de concurrencer TF1. En fait, la chaîne est aussi dans l’obligation de produire des émissions nouvelles parce que le stock de séries américaines se raréfie. A partir d’avril 1991, Pascal Josèphe met à l’antenne la grille d’access prime-time qu’il destinait à Antenne 2 qu’il a remaniée.

Au lieu d’essayer de réduire les frais et de combler le déficit existant, Hachette multiplie les dépenses (nouvel habillage, réfection de tous les locaux, création de trop nombreux nouveaux programmes). La Cinq s’est complètement transformée. Pascal Josèphe souhaite miser sur le public fémininin et sur la famille. Guillaume Durand est remplacé au 20 h, afin de débloquer l’audience. La place consacrée à l’information est amoindrie. Patrice Duhamel donne consignes aux journalistes de réduire les sujets et reportages consacrés à l’international au profit des sujets nationaux.

22 nouveaux programmes sont donc mis à l’antenne dès avril 1991. Mais ils s’arrêtent tous au bout de quelques semaines ou quelques mois, sans parvenir à augmenter significativement les parts de marché à l’exception des sports mécaniques avec 40 % de parts de marché, pour la Formule 1 arrachée à TF1, le Paris-Dakar, le Grand Prix de Pau, les Soirées Walt Disney cinéma du mardi soir, la série Mystères à Twin Peaks, et l’information, qui ont du succès. La Cinq ne progresse qu’en milieu urbain.

Non seulement ses nouveaux programmes n’attirent pas de nouveaux téléspectateurs, mais ces bouleversements déboussolent quelque peu certains fidèles. A tel point que la chaîne reprogramme la série Kojak pour sauver l’acces prime time.

L’audience reste stable et la chaîne reste la troisième chaîne nationale en termes d’audience ; cependant, si l’on considère que de nouveaux émetteurs diffusent alors le programme de la Cinq, on peut considérer que l’audience s’est tassée à cette époque. Elle se situe en l’occurrence aux alentours de 11 à 14 %. De plus, Lagardère ne réussit pas à assouplir les contraintes que le gouvernement impose, par voie réglementaire, si bien qu’il reste soumis au bon vouloir du pouvoir politique.

Un an après sa reprise par Hachette, le déficit annuel de la chaîne s’élève à 1,1 milliard de francs, les pertes cumulées depuis la création de la chaîne s’élevant à 3,5 milliards de francs. Le 17 décembre 1991, son PDG, Yves Sabouret, doit alors se contraindre à licencier 576 salariés, soit les trois quarts du personnel de la chaîne. Le soir de l’annonce, Béatrice Schönberg et Gilles Schneider annoncent le triste évènement dans leur Journal de 20 heures dont l’ancien générique historique du journal (la Terre, le satellite, la musique de Ainsi parlait Zarathoustra et l’ancien logo) fut diffusé à la fin.

Quelques jours plus tard, interviewé par Jean-Claude Bourret lors du Journal de 20 heures, le PDG s’entendra répondre par le présentateur que l’action entreprise « ressemble à une écurie de course de Formule 1 qui vendrait les pneus pour acheter l’essence ». À l’écran, le logo « 5 » est affiché en noir pendant 24 heures tandis qu’une banderole indiquant que « la 5 ne sera pas le Matra-Racing » est brandie dans les locaux de la rédaction. Les drapeaux de la chaîne, qui arboraient le nouveau logo sur l’immeuble du boulevard Pereire, sont arrachés par le personnel. Le 31 décembre 1991, La Cinq dépose le bilan. Elle est déclarée en cessation de paiement le 2 janvier 1992 et placée en redressement judiciaire le 3 janvier.

Le tribunal de commerce de Paris prononce la liquidation judiciaire le 3 avril 1992, et La Cinq cesse d’émettre le dimanche 12 avril 1992 à minuit.

 

Le 23 avril, l’État préempte le cinquième réseau hertzien pour y installer La Sept ( devenue Arte) qui y est diffusé en soirée dès le 28 septembre 1992, rejoint en journée par La Cinquième (devenue France 5 en janvier 2002) à partir du 13 décembre 1994, rendant un retour de La Cinq impossible sous son ancienne forme.

 

Sources : Wikipedia , Ina

12 avril 1992…12 avril 2020 ! 28 ans que “La 5″(Hachette-Lagardère) a disparu des écrans !
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