Le 20 novembre 1985, le gouvernement accorde une concession de service public de 18 ans à la société France 5 pour l’exploitation du cinquième réseau hertzien de télévision à diffusion nationale, malgré la désapprobation de certains ministres10 et conseillers du président français militant pour un programme culturel et de la Haute Autorité de la communication audiovisuelle qui n’approuve pas le cahier des charges de la chaîne mais n’a aucun pouvoir pour le modifier. Il accorde également une publicité à volonté et une protection contre la concurrence11. Jérôme Seydoux et Silvio Berlusconi présentent les orientations et le style des émissions de la future cinquième chaîne de télévision lors d’une conférence de presse le 22 novembre 1985. À ses détracteurs qui l’accusent de vouloir fabriquer une télé « Coca-Cola », Silvio Berlusconi, qui bâtit les programmes de la Cinq à partir de ses catalogues, promet une télé plutôt « beaujolais » avec « champagne le samedi », ainsi que des stars de la télévision ou du cinéma qui ont la faveur du public.

Décidée à contrecarrer ce projet de nouvelles chaînes de télévision dont elle a cerné les enjeux politiques, l’opposition de droite fait annuler l’amendement Tour Eiffel par le Conseil constitutionnel le 13 décembre 1985, obligeant le gouvernement à passer en force via un nouveau projet de loi définitivement voté le 21 décembre par le Parlement. Le 31 décembre 1985, la société France 5 a été constituée sous la forme anonyme avec siège à Paris. Le 16 janvier 1986, la CLT dépose en vain un recours en annulation de l’accord de concession devant le Conseil d’État et n’obtient du gouvernement qu’un droit à utiliser l’un des deux canaux encore libres du futur satellite TDF 1. Le 20 janvier 1986, Silvio Berlusconi présente les programmes de sa future chaîne commerciale, officiellement baptisée La Cinq, petite sœur dérivée du Canale 5 italien, aux journalistes, industriels et publicitaires afin de convaincre ces derniers d’acheter du temps d’antenne publicitaire pour financer la chaîne14. Le lendemain, les forces de l’ordre sont obligées d’intervenir pour permettre aux techniciens de TDF de venir installer les émetteurs de La Cinq en haut de la Tour Eiffel, à la suite du refus de la ville de Paris qui invoque des problèmes de sécurité.

Mi-février, le capital de la société France 517 créée pour gérer La Cinq (50 millions de francs) est bouclé, dont 40% sont détenus par la Fininvest (Berlusconi), et 60% par la S.E.P.C. (participations françaises). Après trois mois d’hostilités et un mois d’essais techniques, La Cinq peut enfin commencer à émettre le jeudi 20 février 1986 à 20 h 30 dans le cadre de l’émission de présentation de la chaîne Voilà la Cinq enregistrée dans les studios milanais du groupe Mediaset de Berlusconi. Jusqu’à minuit, Christian Morin, Roger Zabel, Amanda Lear, Élisabeth Tordjman et Alain Gillot-Pétré reçoivent les grandes vedettes de la variété française (Johnny Hallyday, Serge Gainsbourg, Mireille Mathieu, Charles Aznavour) et internationales, comme Ornella Muti, invitées par Silvio Berlusconi à parrainer un show dont les effets n’ont rien à envier aux divertissements de TF1 ou d’Antenne 2. Les premières semaines de programmes sont alors constituées de jeux et de shows (Pentathlon, C’est beau la vie, Cherchez la femme), mais aussi de quelques magazines comme Jonathan  et Mode, etc (“Nonsolomoda”)24, adaptés des formats à succès de Canale 5, la chaîne italienne de Silvio Berlusconi. Nouveauté dans le paysage audiovisuel français, les programmes sont rediffusés toutes les quatre à cinq heures et sont entrecoupés de plusieurs pages de publicité (jusqu’à trois au sein d’un même programme). Les premiers animateurs, qui gagnent quatre fois plus qu’en France, sont pour grande partie des transfuges de TF1 (Christian Morin) ou d’Antenne 2 (Alain Gillot-Pétré, Roger Zabel et Élisabeth Tordjman), ou encore des transfuges des chaînes italiennes de Berlusconi (Amanda Lear). La chaîne se dote également de speakerines pour présenter les programmes.

Dès février 1986, les séries télévisées américaines occupent toute la grille de la journée et de la seconde partie de soirée. Toutes ces séries sont issues du catalogue de la Fininvest8. Certaines ne sont pas inconnues des téléspectateurs, car déjà diffusées dans les années 1960 et 1970 mais dont les droits ont été abandonnés ou raflés aux autres chaînes françaises : Arnold et Willy, Happy Days, Mission impossible, Star Trek, Shérif, fais-moi peur ou Wonder Woman. D’autres sont encore inconnues du public français, et doublées pour la circonstance comme La Cinquième Dimension. En 1985, TF1 s’intéresse à cette nouvelle série alors qu’elle n’a pas encore été diffusée par CBS. Cependant, aucun des responsables des achats de TF1 ne considère sérieusement qu’une jeune chaîne privée encore inexistante, puisse entrer en concurrence avec eux. C’est ainsi que la première chaîne rate cette acquisition au profit de La Cinq. Juste avant le film de 20 h 30, la case stratégique de 19 h 30 est occupée chaque jour de la semaine par l’émission À fond la caisse dans laquelle est diffusée une série à chaque fois visant un public jeune : Supercopter le lundi, K2000 le mardi, Riptide le mercredi, CHiPs le jeudi et Tonnerre mécanique le vendredi.

Alors que les trois chaînes françaises du moment ne diffusaient que rarement des films, La Cinq diffusera dès son ouverture plusieurs fois par semaine un film à gros budget à 20 h 30. Parmi les premiers films diffusés la première semaine figurent L’Africain (premier film, diffusé le dimanche 23 février 1986 à 20h30), La Fièvre du samedi soir (diffusé le lundi 24 février 1986 à 20h30) et La Féline (diffusé le mardi 25 février 1986 à 20h30). Les films représentent la plus forte audience de la chaîne. Les professionnels du cinéma, invoquant un risque de baisse de fréquentation des salles, critiquent vigoureusement le fait que le cahier des charges de La Cinq l’autorise à diffuser des films deux ans après leur sortie en salles, contre trois pour les autres chaînes (excepté Canal Plus).

À la suite des élections législatives de mars 1986, la droite revient au pouvoir. Jacques Chirac, devenu Premier ministre, demande à son ministre de la Communication, François Léotard, de mettre en œuvre la politique audiovisuelle du gouvernement : privatisation de TF1 (FR3 était initialement prévue) et annulation des concessions des deux nouvelles chaînes privées, La Cinq et TV6, trop rapidement attribuées sur pression de l’Élysée sans réel appel d’offres. Par le décret no 86-901 du 30 juillet 1986, le gouvernement de Jacques Chirac décide de réattribuer cette chaîne avant la fin de sa concession.

Afin de ne pas laisser un écran noir, La Cinq est autorisée à continuer à émettre mais doit immédiatement cesser de diffuser des films de cinéma. Dès le dimanche 20 avril, un téléfilm remplace le film prévu, et les films programmés ultérieurement voient leur case réattribuée à des séries ou téléfilms. Pour palier ce manque de longs-métrages, la chaîne achète des mini-séries de prestige. En avril 1986, RTL Télévision récupère les droits de la série Dynastie pour la France et les transfère à FR3, afin d’empêcher le magnat des médias italien Silvio Berlusconi de diffuser la série sur La Cinq. En décembre de la même année, La Cinq est autorisée, de nouveau, à diffuser des films de cinéma : le premier sera Les Blues Brothers.

À la suite d’un recours de TV6, ce décret est annulé par arrêté du Conseil d’État le 2 février 1987, car le ministre n’a pas respecté l’échéance légale de la concession d’un an. Toutefois, la Commission nationale de la communication et des libertés (CNCL), qui a remplacé la Haute Autorité de la communication audiovisuelle depuis le 30 septembre 1986, fixe le 15 janvier 1987 les obligations générales et particulières des « télévisions hertziennes nationales privées en clair » par les décisions no 87-1 et 87-2. Le 2 février 1987, le décret no 87-50 résilie le contrat de concession de la cinquième chaîne qui s’achève le 28 février 1987 à minuit et ouvre par la même occasion l’appel à candidature pour la réattribution du réseau. Toutefois, pour éviter l’écran noir, la CNCL invite la Cinq et TV6 à poursuivre leur programmes le temps de réattribuer les 2 réseaux…

Voir : les coulisses de la Cinq en vidéo

Source : Wikipedia

Le 20 février 1986, naissait LaCinq, “1ere tv privée gratuite en France” sur les ondes hertziennes.
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13 septembre 201613 septembre 2016
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