Le 20 mai 1953, le conseil d’administration de la Compagnie luxembourgeoise de radiodiffusion (CLR), qui possède avec Radio-Luxembourg la radio la plus puissante, mais aussi la plus rentable d’Europe, autorise son président, Robert Tabouis, à signer un contrat de concession avec le gouvernement luxembourgeois pour exploiter une chaîne de télévision. Poussé par les autorités du Grand-Duché, il obtient une concession permettant à cette chaîne de jouir d’un monopole d’État. Pourtant la naissance de cette télévision n’est pas très désirée par les actionnaires français et belges du radiodiffuseur luxembourgeois qui voient dans la création de ce nouveau poste la perspective d’un déficit énorme.

Le 1er juillet 1954, la CLR change sa dénomination en Compagnie luxembourgeoise de télédiffusion (CLT) afin d’intégrer sa nouvelle ambition : la télévision. L’achèvement des grands travaux à la Villa Louvigny, siège de la CLT, coïncide avec le début de la construction en août 1954 d’un émetteur de télévision sur le mont Ginsterberg près de DudelangeN 1, site qui s’avère le plus approprié pour assurer une bonne réception, du fait de son altitude de 430 mètres et de sa situation à seulement 200 mètres de la frontière française. Cette implantation marque bien l’intention de la CLT d’émettre en direction de l’Est de la France.

Le 23 janvier 1955, jour de son 59e anniversaire, la grande-duchesse Charlotte Ire inaugure Télé-Luxembourg avec son époux le prince Félix, marquant ainsi la naissance officielle de la télévision luxembourgeoise. À l’écran, la jeune speakerine Danièle Leconte annonce que « Télé-Luxembourg sera l’alliée indispensable de votre famille ». La première émission consiste à faire découvrir les coulisses de la chaîne. Aucun studio de télévision n’est encore installé à la Villa Louvigny, les émissions étant réalisées depuis le bâtiment situé au pied du pylône de l’émetteur de Dudelange.

Ce puissant émetteur omni-directionnel permet à Télé-Luxembourg d’être captée bien au-delà de ses prévisions initiales, dans un rayon d’environ 150 km soit évidemment au Luxembourg, mais aussi dans les Ardennes belges, en Lorraine et même jusqu’à ReimsN 2 en Champagne ou Strasbourg en Alsace. Utilisant le canal VHF E-07, initialement prévu pour des émissions en 625 lignes et qui sera rebaptisé « canal Luxembourg » en France, le standard retenu est le 819 lignes « belge » ou « 819 lignes à bande étroite » retenu par la Belgique francophone. Il utilise moins de bande passante que celui de la Radiodiffusion-télévision française (avec pour résultat une image un peu moins fine, proche de celle en 625 lignes dont il a la même largeur de bande) mais a pour avantage de « caser » un plus grand nombre d’émetteurs sur une même zone) tout en étant visible aussi bien par les téléspectateurs français que wallons qui captent déjà de nombreux émetteurs étrangers (Allemagne, Pays-Bas, Belgique néerlandophone…). Il s’agit alors de la troisième chaîne de télévision généraliste privée en EuropeN 3. Sa mission est de diffuser une information interrégionale en français au Luxembourg et en Lorraine.

Malgré l’embauche de quelques « pointures » de la RTF Télé-Lille (qui portera plainte sans succès contre la station), comme Jacques Navadic ou Robert Diligent pour le futur Journal de Télé-Luxembourg, les débuts sont plutôt hasardeux car personne ne dispose de réelle formation, les équipes étant constituées de techniciens de Radio-Luxembourg reconvertis dans la télévision. La production se professionnalise peu à peu et en 1956-1957, la CLT construit une tour de huit étages à la Villa Louvigny afin d’y abriter les bureaux et studios de Télé-Luxembourg. La chaîne trouve enfin son public et le siège de Télé-Luxembourg devient rapidement une enseigne mythique du paysage audiovisuel.

Le développement du câble en Belgique francophone se fait grâce à Télé-Luxembourg, dont le signal est repris par les télédistributeurs depuis 1969, qui devient un produit d’appel avec les chaînes françaises et dont Télé-Luxembourg tire alors ses principales recettes publicitaires.

.Profitant déjà d’une grande notoriété en radio, la marque RTL est adjointe à Télé-Luxembourg dans son logo lors de son passage à la couleur en septembre 19721 afin d’en renforcer l’attractivité et l’esprit de groupe avec la radio, mais la chaîne de télévision est toujours communément appelée Télé-Luxembourg. À cette occasion, la chaîne est diffusée simultanément depuis Dudelange, en 625 lignes couleur sur le canal UHF 21 en Secam norme L pour les téléspectateurs français et en 625 lignes couleur sur le canal UHF 27 en PAL norme G pour les téléspectateurs belges et luxembourgeois. Le canal VHF 07 est maintenu en noir et blanc mais passant lui aussi en 625 lignes. Ce canal passe en couleur SECAM norme L en septembre 1979.

L’accident de Dudelange

Le 31 juillet 1981 à 13 h 36, le pylône haubané de l’émetteur de Dudelange est percuté par l’aile droite d’un Mirage V de l’armée belge et est totalement détruit. RTL Télé-Luxembourg est alors dans l’impossibilité d’émettre pendant plusieurs heures, jusqu’à la mise en place d’un système de secours moins performant.

La station peut toutefois transmettre à 17 h les premières images filmées de l’accident via l’EVN pour l’échange d’images aux membres de l’UER (le faisceau qui permet de distribuer les images d’actualités sur le réseau Eurovision n’ayant pas été touché). Des équipes de journalistes des pays voisins, notamment de l’ARD, de ZDF, de la RTBF, de TF1, d’Antenne 2 et de FR3, convergent vers Dudelange et le soir même, les images sont diffusées dans leurs journaux télévisés3. À 19 h 30, la CLT transmet un communiqué aux agences Belga et AFP pour leur faire part de la catastrophe aérienne mais aussi télévisuelle4 : « Une catastrophe aérienne, survenue cet après-midi à Dudelange, est à l’origine de l’interruption pour une durée indéterminée des programmes de Télé-Luxembourg. Nous espérons que nos émissions, du moins partiellement vers la Belgique et le Luxembourg, pourront redémarrer dans les plus brefs délais, grâce à la compréhension de nos voisins belges qui nous permettront l’entrée directe dans le réseau du câble ». La responsabilité de leur pays étant engagée dans l’accident, les autorités belges prêtent d’abord immédiatement deux faisceaux hertziens de la RTBF à Télé-Luxembourg pour la poursuite de ses émissions en Belgique, puis accèdent finalement à la demande de la CLT le 1er août 1981, alors qu’elles avaient jusqu’ici toujours refusé d’enfreindre le monopole de la RTBF, en l’autorisant à accéder directement aux têtes de réseau des télédistributeurs belges sans plus passer par des intermédiaires. Cette décision permet à Télé-Luxembourg d’accroître considérablement son audience en touchant tous les téléspectateurs belges et à sa filiale I&P B (Information & Publicité Belgique) de détenir le monopole de la publicité télévisée en Belgique, interdite sur les chaînes publiques. La chaîne devient enfin rentable vingt-six ans après sa création. Du côté français, environ 70 % des téléspectateurs sont dans l’incapacité de recevoir Télé-Luxembourg par le biais des canaux 7 et 21, malgré la mise en place rapide par les équipes techniques de la CLT d’une antenne de fortune fixée à 174 mètres sur les restes du pylône. Sollicité par Jacques Rigaud, l’administrateur de la CLT en France, le président François Mitterrand répond favorablement à l’appel de la CLT et intervient en personne pour autoriser TDF à utiliser l’ancien émetteur VHF 819 lignes de TF1 depuis Luttange pour relayer en couleur les programmes de Télé-Luxembourg en Lorraine dès le 25 février 1982 jusqu’à la reconstruction du pylône de Dudelange. Mais nombreux sont ceux qui ne peuvent capter correctement les émissions, n’ayant plus d’antenne VHF dirigée vers cet émetteur.

Source : WIKIPEDIA

Naissance de Télé-Luxembourg : 23 janvier 1955.
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13 septembre 201613 septembre 2016
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