Un protocole signé le 21 octobre pour tester une prolongation de vie en orbite
Le 21 octobre, l'opérateur satellite Eutelsat et la société européenne Clearspace ont officialisé un protocole d'accord visant à étudier la prolongation de vie d'un satellite de télécommunication situé en orbite géostationnaire (GEO). L'orbite géostationnaire est une trajectoire circulaire à environ 35 786 km d'altitude où un engin reste au-dessus du même point de la Terre, fréquemment utilisée pour les satellites de télévision et de communications.
Clearspace, entreprise née en Suisse et basée au Luxembourg, développe le système nommé Phoenix, conçu pour opérer des rendez-vous, des amarrages et des interventions sur des satellites déjà en service. L'objectif annoncé est d'étudier la viabilité d'une opération d'extension de mission en attachant un module de propulsion à un satellite dont le carburant diminue, ce qui permettrait de lui restituer une capacité de maintien à poste.
Pourquoi cette démarche intéresse Eutelsat
Pour un opérateur comme Eutelsat, qui gère une flotte de satellites géostationnaires fournissant des services audiovisuels et de liaison, la possibilité de prolonger la durée opérationnelle d'un engin représente :
- une optimisation des actifs : repousser la mise à la retraite d'un satellite évite la construction et le lancement précoces d'un remplaçant ;
- une réduction des coûts : limiter les dépenses liées à la construction et au lancement d'une plate-forme neuve ;
- une gestion plus flexible du spectre et des positions orbitales, essentielles pour la continuité de diffusion.
Cette coopération s'inscrit dans la continuité d'initiatives européennes visant à préparer la maintenance en orbite et à développer des capacités industrielles autonomes pour la servicing economy orbitales.
Contexte technique et programme européen
Clearspace travaille déjà sur des démonstrateurs de rendez-vous et d'amarrage, et a obtenu un contrat avec l'Agence spatiale européenne (ESA) le 23 septembre pour financer une mission de test incluant des bras robotiques. Le scénario étudié pour Eutelsat implique l'utilisation du système Phoenix pour se rapprocher d'un satellite cible, s'y amarrer et fournir une poussée additionnelle via un module de propulsion fixé au satellite.
| Élément | Information |
|---|---|
| Date du protocole | 21 octobre |
| Acteurs | Eutelsat et Clearspace |
| Technologie | Module Phoenix de maintenance en orbite |
| Référence ESA | Contrat signé le 23 septembre (mission de test avec bras robotiques) |
Conséquences et limites
Si l'approche se révèle techniquement et économiquement viable, elle pourrait changer la manière dont les opérateurs gèrent la fin de vie de leurs satellites géostationnaires, en offrant une alternative au lancement immédiat d'un remplaçant. Toutefois, plusieurs défis restent à résoudre : la compatibilité mécanique et logicielle avec des plates-formes déjà en service, les aspects réglementaires liés aux rendez‑vous en orbite, et la rentabilité du procédé selon l'âge et l'état du satellite ciblé.
La réussite d'une telle opération dépendra également des essais prévus par Clearspace dans le cadre du contrat avec l'ESA et des validations techniques conduites conjointement avec Eutelsat. Le protocole signé le 21 octobre constitue une première étape formelle pour évaluer ces éléments avant d'envisager une mission opérationnelle.