En 1980 dans le cadre de sa campagne, François Mitterrand annonce son intention, s’il est élu, d’abolir le monopole d’État de diffusion sur la bande FM. Dans cette perspective, on assiste dès 1980 à de profonds mouvements au sein de Radio France. Jacqueline Baudrier, présidente-directrice générale de Radio-France (1975-1981), avec l’aval de Valéry Giscard d’Estaing, crée coup sur coup trois prototypes de radios locales (Fréquence Nord, Radio Mayenne, et Melun FM) et deux stations thématiques : Radio 7 pour les jeunes, et Radio bleue pour les séniors.

Patrick Meyer prend la direction de Radio 7. Inspiré par la bande FM américaine, il est à l’origine du concept et de la première formule d’antenne.

Pourquoi Radio 7 ? Parce qu’elle est la septième radio créée par Radio France, après France Inter, France Culture, France Musique, FIP, RFI et Radio Bleue.  Ses locaux sont implantés au premier étage de la Maison de Radio France entre le hall principal (porte A) et la porte B. Sur moins de 100 m2, sont disposés un open space, un studio et deux cabines techniques (l’une destinée à la diffusion et l’autre à la production).

Radio 7 est diffusé en stéréophonie depuis le site de TDF Paris-Nord à Sannois (Val d’Oise) sur 99,8 MHz, puis dans un deuxième temps sur 91,3 et 91,7 MHz. Ce changement de plan de fréquence n’a pas été sans conséquence sur le destin de la station.

À 7 heures du matin, le 2 juin 1980, Clémentine Célarié est la première voix de Radio 7. Du côté de la direction, les débuts sont mouvementés puisqu’en dix-huit mois on assiste à trois changements de direction : Patrick Meyer, François Desnoyers puis Marie-France Brière. Se sont ensuite succédé à la direction de Radio 7, Francis Rousseau et Charlotte Latigrat.  On peut retenir que Patrick Meyer est amené à démissionner à la suite de pressions de la présidente de Radio France, Jacqueline Baudrier, pour annuler une intervention de Coluche (alors en campagne présidentielle) à l’antenne. Il créera aussitôt après son départ, en juin 1981, RFM.

Le programme de Radio 7 est basé sur une grille segmentée par émissions sur le mode du programme frère de France Inter : un animateur chargé d’une tranche thématique (orientée vers un contenu), et dotée d’une rédaction spécifique, tandis que la concurrence des radios musicales naissantes adopte peu à peu la stratégie des radios de flux.
La tonalité du programme est à l’image des années 1980, tournée vers le rock, pop-rock, new-wave, cold-wave, punk-rock, variété anglaise et la nouvelle variété française (Daho, Niagara,…), souvent à la recherche de nouveautés.
Destinée aux jeunes publics, elle témoigne sur ses ondes de l’effervescence parisienne, de la vie artistique, cinématographique de l’époque et répond aux missions de service dédiées aux adolescents, étudiants et jeunes travailleurs dans le cadre de magazines et chroniques.
Son format (grille d’émissions thématiques à l’adresse des jeunes orientée contenu) donne à Radio 7 une stature particulière dans l’histoire des « radios jeunes ».

Radio publique, elle a émis sur la région parisienne, du 2 juin 1980 au 20 février 1987. Destinée à un jeune public, l’antenne se compose d’une programmation musicale avec une forte composante rock et des magazines.

C’est à Radio 7 qu’apparut de façon explicite la fonction de Coloriste d’antenne. Il s’agit de veiller à la cohérence de l’habillage d’antenne (génériques, jingles), de la production des promos et autopromos et de la rythmique d’antenne, le tout en collaboration avec le responsable des programmes.

Les techniciens étaient au nombre de sept (environ suivant les périodes). Le ton et l’énergie dispensés au cours des programmes ont incité les techniciens à développer une réactivité (rapidité, souplesse, adaptation) qui était jusque-là peu répandue dans la pratique de leur métier. L’essentiel de l’antenne se faisait en direct et la composante d’improvisation était importante.

La nuit, le programme était enregistré en temps réel et diffusé par deux magnétophones REVOX qui s’enchainaient automatiquement ( sauf en cas d’incidents techniques ce qui rendait l’antenne muette le temps pour un technicien d’intervenir !) Du point de vue de la réalisation radiophonique, Radio 7 (et avec elle, bon nombre de « radios libres ») a ouvert une nouvelle façon de faire de la radio. L’équipe technique, dotée des moyens de Radio France (dont un minicar équipé en studio d’enregistrement), a aussi eu l’occasion d’enregistrer en extérieur dans les lieux de concerts parisiens.

La fin de Radio 7 est principalement provoquée par un événement qui a lieu dix-huit mois seulement après ses débuts. En 1981, à la suite de l’arrivée de la Gauche au pouvoir, le monopole d’État qui interdisait aux radios libres d’émettre en FM sur le territoire français est aboli (9 novembre 1981). De fait, la libération de la bande FM fait subir à Radio 7 une forte concurrence. En quelques mois, les radios libres s’organisent : La Voix du Lézard devient Skyrock, NRJ se popularise, Fun Radio, Kiss FM (Paris), Maxximum naissent et d’autres encore. Les réseaux se créent au niveau national, le marché des fréquences est ouvert et les radios privées héritent de la manne publicitaire. Face à cette mutation, Radio 7, cantonnée à sa zone de couverture parisienne, ne réussira pas à maintenir sa place.

De plus Roland Faure, président-directeur général de Radio France, et ancien directeur de l’information, ambitionne dès sa nomination en 1986 de créer une radio « tout info » sur le modèle des radios All News américaines. Pour cela, il lui faut des moyens. En quelques mois, Jérôme Bellay et Michel Meyer élaborent ce qui deviendra France Info et au début de l’année 1987, la décision de fermer Radio 7 est prise. Le vendredi 20 février, Jean Izard (directeur général de Radio France) annonce la fermeture à Charlotte Latigrat (directrice de Radio 7). Une semaine plus tard, Radio 7 cesse d’émettre.

Durant toute la journée du 20 février 1987, les personnels de Radio 7 organisent une antenne ouverte où s’exprimeront tous les artistes qui avaient collaboré ou tout simplement apprécié Radio 7. Les dernières paroles prononcées en direct à l’antenne seront de Robert Lévy-Provençal, suivies d’un montage sonore où toutes les voix de la radio (extraits de promos et d’enregistrement d’antenne) se répondaient dans un dialogue artificiel où s’exprimaient leur joie de vivre la radio et, en demi-teinte, leur nostalgie à venir de ne plus être au rendez-vous sur Radio 7. Enfin un court bruitage, tiré du film “Le bon, la brute et le truand” figure une scène où une voix interpelle Radio 7 et, sans autre semonce, lui tire une balle. D’un commun accord, l’équipe avait décidé de cesser sa diffusion une minute avant minuit pour que ce “blanc” représente la minute de silence de rigueur en pareille circonstance.

Le , sa fréquence et ses locaux sont repris par la station France Info.

                                                                                           Daniel Renard l’antenne de Radio7 en 1980.

De la création à la fermeture, les animateurs se sont succédé à l’antenne. Certains ont été employés dès les débuts, d’autres ont rejoint les programmes en cours de route. Du fait de l’évolution de l’équipe d’animation, on peut distinguer deux périodes, l’une allant de 1980 à 1984 et l’autre de 1984 à 1987.

Première période
Clémentine Célarié
Jean-Pierre Gauffre
Christophe Bourseiller
Christine Jacquet
Didier Hervé
Laurent Boyer
Christophe Dechavanne
Daniel Renard
Martial du “Martial Show”
Yves Géniès
Yves Derisbourg
Larsen/ Le Zouk, le samedi de 20h à 22h
Michèle Halberstadt
Jean-Michel Gravier
Rocky Chignole
Smith & Wesson (et Foul Astral, voix robot), émission “Destination Planète7”
Captain Miller

Présents sur les deux périodes
Richard Adaridi
Gérard Lefort
Francis Cadot
Didier Jérôme
Sydney / Le hip-hop des années 1980
Dee-Dee

Deuxième période
Marc Potin / Les Potins de Marc Potin
Bouboulina
Mme Ming
Gilles Obringer / Le Zouk, le samedi de 20h à 22h
Jacques Métivet / Les dialogues de films mixés sur une programmation musicale sensible
Bruno Le Jean / Feuilletons déjantés le samedi de 11h à 12h (“Nouvelles du Front”, ” Le Père Noël frappe toujours 3 fois”)
Angela / La Chica de la Radio Siete
Anne-Sophie Bijoux / Gazelle de Radio 7, service téléphonique pour les auditeurs relayé par des reportages à l’antenne
Corinne Blottin / La guerre des tubes
Philippe Huet / La guerre des tubes
Cathy Nivez / Interviews de Stars : “Identités remarquables” tous les jours de 15h à 15h15
Frédéric Dayan / Interviews de Stars : “Croque Stars”, le Dimanche à 14h30
Laurent Bachet / Le ciné magazine de Radio 7, “Rushes”, le samedi de 14h à 16h
Robert Levy-Provençal / Émission de Clubbing : “More Music, Less Talk”
Laurent Pavia / “Nuisances” Tous les jours de 20h à 22h

Les journalistes
Philippe Balland
Eva Bettan
Anne Brucy
Jacques Expert
Danielle Messager
Nadine Epstein
Dominique Brigand
Luc Évrar

Daniel Renard avec Wikipedia & Radioscopie.

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13 septembre 201613 septembre 2016
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