Une quarantaine de sociétés de journalistes et de personnels de rédaction ont publié mardi une tribune commune, réclamant au Rassemblement national (RN) de garantir aux médias la possibilité de « pouvoir travailler librement ». Le texte, mis en ligne sur le blog de la Société des journalistes (SDJ) de Mediapart, fait état d'incidents durant le congrès du parti d'extrême droite : des journalistes de Mediapart et de Politis ont été pris·es à partie, huées et, pour certains, escorté·es hors de la salle par le service d'ordre.
Les rédactions signataires et les faits dénoncés
Parmi les signataires figurent des SDJ et des personnels de grands titres et groupes audiovisuels : BFMTV, LCI, Le Monde, Le Figaro, Radio France, RTL, RMC, l'Agence France‑Presse et France Télévisions, ainsi que des rédactions régionales et spécialisées (Les Dernières Nouvelles d'Alsace/L'Alsace, Les Echos, Blast...). La tribune rappelle que, selon les signataires, une équipe vidéo de Mediapart a été prise à partie par des militants, huée par la salle (« Mediapart dehors »), puis exfiltrée de manière musclée par le service de sécurité du RN. Un journaliste de Politis, qui filmait une action, a également été interpellé et poussé lors d'un mouvement de foule.
- Les signataires demandent aux partis politiques, « tous bords confondus », d'assurer l'accès de la presse à leurs événements sans entrave.
- La tribune précise que le service presse du RN s'est excusé et a permis aux journalistes de regagner le congrès après le premier incident.
- La direction de Mediapart, estimant que la sécurité de ses journalistes n'était plus assurée, les a contraints à quitter le lieu du congrès.
La tribune contextualise ces incidents : Mediapart est la cible de critiques au sein du RN à la suite de révélations fin septembre concernant des écrits de jeunesse à caractère antisémite attribués à Jordan Bardella, mise en cause que celui‑ci dément.
Liberté de la presse et responsabilité des organisateurs
Les rédactions signataires insistent sur le principe républicain selon lequel les partis doivent permettre au journalisme d'exercer sa mission d'information « au service de tous les citoyens et citoyennes » sans être « brutaliser » ou empêché dans son travail. Elles alertent sur le risque que des rassemblements politiques deviennent des espaces où la couverture journalistique est rendue difficile, sinon dangereuse.
« Dans un État de droit, les partis politiques, tous bords confondus, doivent permettre à la presse, au service de tous les citoyens et citoyennes, d'accéder à leurs événements sans entraver son travail ni la brutaliser », attribué aux sociétés de journalistes signataires.
La mobilisation collective publiée mardi vise à obtenir des garanties concrètes des organisateurs d'événements politiques et à rappeler que la sécurité des journalistes et la liberté de la presse sont des prérequis pour une information indépendante et audible.