L’Europe accélère la préparation de son propre réseau de communications par satellites. La Commission européenne et le consortium SpaceRISE ont signé, le 7 août 2026, un accord de mise en œuvre du programme IRIS². Cette initiative doit fournir des capacités européennes de connectivité sécurisée, notamment pour les usages liés à la défense, à la sécurité et aux secours. Les premiers lancements sont annoncés à partir de 2029, avant une mise à disposition des premiers services peu après.
Un programme spatial composé de 348 satellites
IRIS² repose sur une architecture mixte. Le dispositif doit réunir 348 satellites, dont 330 placés sur une orbite terrestre basse à altitude élevée et 18 installés en orbite terrestre moyenne. La configuration prévoit également 66 satellites supplémentaires en orbite basse, déjà intégrés au total annoncé, afin de renforcer les capacités destinées aux missions de défense, de sécurité et de secours.
Cette organisation doit permettre à l’Europe de disposer d’une infrastructure spatiale adaptée à des communications sécurisées. Le programme n’est toutefois pas encore opérationnel : il se trouve toujours dans sa phase de déploiement et aucun service commercial ou institutionnel n’est annoncé comme disponible à ce stade. La Commission européenne situe les premiers lancements en 2029, puis l’arrivée des premiers services européens de connectivité sécurisée dans la période qui suivra.
| Élément | Donnée annoncée |
|---|---|
| Accord de mise en œuvre | 7 août 2026 |
| Nombre total de satellites | 348 |
| Satellites en orbite terrestre basse | 330 |
| Satellites en orbite terrestre moyenne | 18 |
| Premiers lancements prévus | 2029 |
Les discussions européennes relancées par le dossier Starlink
La mise en perspective intervient alors que des responsables européens discutent d’une réduction de la dépendance aux États-Unis et aux entreprises américaines de défense. Bloomberg a rapporté le 27 octobre 2026 que ces échanges avaient été intensifiés après un différend concernant Starlink en Ukraine. Le média décrit des discussions en cours, et non une décision politique déjà adoptée par les institutions européennes.
Selon le compte rendu de Bloomberg, les échanges sont liés à des changements de vitesse du service Starlink en Ukraine, sans précision sur leur date. L’article attribue à Elon Musk l’affirmation selon laquelle l’Ukraine aurait enfreint les règles d’utilisation de Starlink en recourant au service pour des frappes de drones offensives. Cette affirmation est rapportée comme la position de l’intéressé et ne constitue pas, dans les éléments disponibles, une conclusion indépendante.
GOVSATCOM et OneWeb parmi les options évoquées
Le débat européen ne se limite pas à IRIS². Un reportage diffusé par Euronews en espagnol le 22 avril 2025 citait déjà GOVSATCOM et la constellation OneWeb d’Eutelsat parmi les pistes examinées. GOVSATCOM repose sur la mise en commun de capacités spatiales existantes, tandis que OneWeb s’appuie sur une constellation de satellites. Ces deux solutions ne correspondent donc pas au même modèle technique ni au même calendrier qu’IRIS².
- IRIS² doit constituer un programme européen en cours de déploiement, avec des lancements prévus à partir de 2029.
- GOVSATCOM vise la mutualisation de capacités satellitaires déjà disponibles.
- OneWeb, exploité par Eutelsat, est une constellation de satellites destinée à la connectivité.
Pour les opérateurs audiovisuels, les télécoms et les utilisateurs de services satellitaires, l’enjeu reste pour l’instant stratégique plutôt qu’immédiatement visible dans les offres de réception. IRIS² ne modifie pas à ce stade la réception de la TNT, des bouquets satellitaires ou des services de télévision accessibles en France. Le programme doit d’abord franchir les étapes de développement, de lancement et de mise en service avant que ses capacités puissent être utilisées concrètement.