Le ciel nocturne est devenu un terrain d’observation de plus en plus chargé. Dans la nuit du 9 septembre 2026, le photographe amateur néo-zélandais Brendan Larsen a réalisé une série d’images destinée à rendre visible la multiplication des satellites en orbite. Son résultat rassemble 14 450 passages lumineux sur les photographies d’une même portion du ciel, avec le mont Taranaki en arrière-plan.
578 prises de vue en deux heures
L’expérience ne repose pas sur une image unique, mais sur une séquence méthodique. Larsen a utilisé un appareil photographique pour produire 578 clichés, chacun avec un temps de pose de 8 secondes. Les prises de vue ont couvert environ deux heures et visaient le même secteur céleste. Pendant l’exposition, un satellite, pourtant visible comme un simple point depuis le sol, se déplace suffisamment pour laisser une ligne sur l’image.
Le nombre affiché ne correspond pas à autant d’engins différents. Un même satellite peut traverser plusieurs clichés et apparaître à plusieurs reprises au fil de son déplacement. Selon Pieuvre.ca, chaque appareil est visible en moyenne une dizaine de fois dans l’ensemble de la série. Cette répétition explique l’aspect largement parallèle des traces observées sur la composition finale.
« presque chaque photographie du ciel nocturne contient de multiples traînées de satellites »
Cette évolution contraste avec les débuts de Brendan Larsen dans l’astrophotographie, six ans auparavant. Il indiquait alors ne voir des satellites qu’à intervalles occasionnels sur ses images. La multiplication des passages est désormais suffisamment importante pour devenir un élément récurrent de la photographie du ciel profond et des paysages nocturnes, même si la série néo-zélandaise ne constitue pas une mesure scientifique de la population orbitale.
Starlink au cœur de la densification orbitale
L’explication avancée par le média canadien s’appuie notamment sur l’essor de Starlink, le service d’accès à Internet par satellite de SpaceX. Depuis 2019, l’entreprise aurait placé en orbite plus de 9 000 satellites pour constituer son réseau. Ces appareils représenteraient aujourd’hui les deux tiers des satellites encore actifs, selon les éléments rapportés par Pieuvre.ca.
Pour les observateurs terrestres, cette situation modifie concrètement les conditions de prise de vue : une pose de plusieurs secondes augmente la probabilité de voir apparaître un objet en mouvement, tandis qu’une série de clichés rend les trajectoires plus nombreuses et plus faciles à comparer. Le phénomène concerne l’observation du ciel et la photographie, plutôt que la réception d’un bouquet de télévision : il ne permet pas, à lui seul, de conclure à une perturbation d’un service satellitaire pour les téléspectateurs.
| Donnée | Éléments de l’expérience |
|---|---|
| Lieu | Nouvelle-Zélande, avec le mont Taranaki en arrière-plan |
| Date | Nuit du 9 septembre 2026 |
| Nombre de photos | 578 |
| Durée d’exposition | 8 secondes par cliché |
| Traces comptabilisées | 14 450 passages visibles |
Un ciel transformé par les constellations
- Les 14 450 traces ne correspondent pas à 14 450 satellites distincts.
- La répétition des passages produit des lignes parallèles sur la composition.
- Le déploiement de Starlink depuis 2019 constitue le principal facteur cité dans ce constat de densification.
L’image de Brendan Larsen fournit ainsi une représentation immédiate d’un changement difficile à percevoir à l’œil nu. À mesure que les constellations en orbite basse se développent, leur présence devient plus visible dans les travaux photographiques consacrés au ciel nocturne. L’expérience rappelle aussi la différence entre le nombre de traces enregistrées sur une série d’images et le nombre réel de satellites présents au-dessus de l’horizon.