La pétition intitulée « Supprimer CNews de l’audiovisuel français » a franchi le cap des 200 000 signatures vendredi 30 octobre 2026, selon les chiffres publiés sur la plateforme de l’Assemblée nationale. Déposée le 10 juin, elle a connu une progression particulièrement rapide en fin de semaine : elle réunissait environ 45 000 soutiens mercredi, avant de dépasser les 100 000 signatures jeudi, puis de doubler ce niveau en moins de vingt-quatre heures.
Cette mobilisation place désormais le texte dans le top 5 des pétitions les plus signées depuis les élections de juillet 2024. L’initiative vise la chaîne d’information du groupe Bolloré, diffusée sur le canal 14 de la TNT. La télévision numérique terrestre, ou TNT, désigne le mode de diffusion hertzienne des chaînes de télévision par voie terrestre. Dans le texte de la pétition, son auteur demande le retrait de la convention TNT de CNews et présente cette démarche comme un moyen d’obtenir, à terme, l’arrêt de la chaîne.
Des accusations portant sur le traitement de l’actualité
Le texte met en cause le positionnement éditorial de CNews et l’accuse de contribuer à la polarisation du débat public. Il évoque notamment des propos considérés comme racistes ou discriminatoires, ainsi que des manquements répétés au pluralisme politique. La pétition affirme également que la chaîne aurait fait l’objet de 27 rappels à l’ordre et de 630 000 euros d’amendes, une présentation que ses promoteurs décrivent comme un record dans l’audiovisuel français.
« Les médias du groupe Bolloré, au premier rang desquels la chaîne CNews, jouent un rôle majeur dans la saturation du débat public par des thèmes et des termes empreints d’un racisme sans complexe, exprimé sans aucune retenue à longueur d’antenne ».
Cette déclaration a été signée par les députés Benjamin Lucas et Léa Balage El Mariky, qui ont demandé mercredi le retrait des accréditations des médias du groupe Bolloré à l’Assemblée nationale, en visant notamment CNews. Leur démarche intervient dans un contexte où la chaîne est accusée, dans la couverture de la mobilisation sociale, de diffuser des informations présentées comme fausses ou de contribuer à la diffusion de discours racistes. Ces accusations sont rapportées comme celles de leurs auteurs et ne constituent pas, à elles seules, une décision de l’autorité de régulation.
Une controverse qui dépasse la pétition
La polémique s’est aussi manifestée lors d’un point presse organisé après une rencontre avec Laurent Nunez. Jeudi, des représentants d’organisations étudiantes ont refusé de commencer leur intervention tant que l’équipe de CNews se trouvait devant eux. La chaîne se retrouve ainsi au centre d’un affrontement plus large sur les conditions d’accès des médias aux lieux politiques et sur le rôle des chaînes d’information dans la couverture des mouvements sociaux.
La hausse spectaculaire du nombre de signatures intervient par ailleurs alors que le Rassemblement national est décrit comme étant sous pression après une rentrée compliquée. Le texte de la pétition relie explicitement la ligne éditoriale qu’il reproche à CNews à une évolution du débat public inspirée du « trumpisme ». Il cite plusieurs séquences diffusées à l’antenne, dont des propos visant la chanteuse Aya Nakamura et le maire de Saint-Denis, Bally Bagayoko, ainsi que d’autres déclarations jugées racistes ou discriminatoires par son auteur.
| Repère | Évolution indiquée |
|---|---|
| Dépôt de la pétition | 10 juin 2026 |
| Nombre de signatures mercredi | Environ 45 000 |
| Seuil franchi jeudi | 100 000 |
| Seuil franchi vendredi | 200 000 |
Le franchissement de ce nouveau seuil confirme surtout l’ampleur prise par la contestation en ligne contre CNews. Il ne modifie pas, à lui seul, la convention de diffusion de la chaîne ni son statut sur la TNT : le texte constitue d’abord une initiative citoyenne déposée sur la plateforme parlementaire. Sa progression rapide donne toutefois une visibilité nationale aux critiques visant le traitement de l’information, le pluralisme et les propos tenus à l’antenne.