La contestation s’intensifie chez SFR. Plusieurs centaines de salariés de l’opérateur et de filiales d’Altice France se sont rassemblés mardi 3 novembre 2026 devant le siège du groupe, dans le sud-ouest parisien. À la mi-journée, environ 6 500 salariés étaient en grève, selon l’Unsa, citée par Le Figaro et l’Agence France-Presse.
Cette journée intervient alors que la vente de SFR se prépare. Un protocole d’accord prévoit la reprise de l’opérateur par un consortium réunissant Bouygues Telecom, Iliad — maison mère de Free — et Orange, pour un montant annoncé de 20,35 milliards d’euros. L’opération place les salariés au centre des discussions, alors que la répartition des activités et les modalités de leur éventuel transfert restent à préciser.
Les syndicats demandent des garanties écrites
L’appel à la grève a été lancé par une intersyndicale composée de l’Unsa, de la CFDT et de la CFTC. Il concernait l’ensemble des personnels de l’opérateur, mais aussi les salariés des boutiques et des filiales techniques, dont ATS. Après une première demi-journée de mobilisation à la fin du mois de septembre, les organisations représentatives ont choisi cette fois une cessation du travail sur toute la journée.
La principale revendication porte sur le reclassement des salariés dont le poste pourrait être affecté par la reprise. Abdelkader Choukrane, secrétaire général de l’Unsa et délégué syndical central de SFR, demande que chaque personne concernée bénéficie de plusieurs possibilités concrètes au sein des entreprises appelées à reprendre les activités.
« Ce qu’on demande, c’est une vraie politique de reclassement, en proposant trois postes pour chaque salarié ».
Les représentants du personnel ont engagé des échanges avec Bouygues Telecom, Iliad et Orange depuis le début de l’été. Une première proposition écrite leur a été transmise le samedi 31 octobre, après plusieurs réunions. Elle reprend les éléments discutés jusque-là, mais ne répond pas aux attentes de l’intersyndicale. Les syndicats réclament notamment une amélioration des indemnités prévues en cas de départ.
Une visibilité encore limitée pour les équipes
Le désaccord porte donc moins sur le principe de la transaction que sur ses conséquences sociales. Une salariée de SFR présente devant le siège a expliqué à l’AFP que le personnel ne disposait pas encore d’une vision précise de la suite du processus.
La mobilisation met en évidence plusieurs enjeux opérationnels pour le futur ensemble : le devenir des équipes commerciales en boutique, celui des personnels techniques et la capacité des repreneurs à proposer des postes adaptés aux salariés concernés. À ce stade, les éléments communiqués portent sur les revendications syndicales et sur la première proposition écrite, sans détail public supplémentaire sur la répartition des effectifs entre les trois opérateurs.
| Élément | Information communiquée |
|---|---|
| Mobilisation | 3 novembre 2026 |
| Grévistes annoncés | Environ 6 500, selon l’Unsa |
| Repreneurs prévus | Bouygues Telecom, Iliad et Orange |
| Valeur de l’accord | 20,35 milliards d’euros |
Pour les abonnés de SFR, cette journée ne permet pas à elle seule de conclure à une modification immédiate des offres ou du service. Elle souligne en revanche que la cession du groupe ne se limite pas à une opération financière entre opérateurs : elle doit aussi définir les conditions d’intégration des équipes qui assurent les activités commerciales et techniques de SFR.